Vincent Bolloré et Vivendi mis en cause pour « manipulations de marché » en Italie



Vincent Bolloré va-t-il être poursuivi par la justice italienne ? La brigade financière italienne a annoncé samedi 12 décembre qu’elle avait bouclé son enquête préliminaire sur d’éventuelles « manipulations de marché », lors de la montée de Vivendi dans le capital de Mediaset. Les policiers italiens affirment dans leur communiqué que leurs conclusions ouvrent la voie à de possibles poursuites à l’encontre de l’homme d’affaires et d’Arnaud de Puyfontaine, le président du directoire du géant français des médias.

Les faits remontent à 2016. En avril, Mediaset et Vivendi, dont le groupe Bolloré est le premier actionnaire, signent un accord stratégique, qui doit leur permettre de créer un nouveau géant européen de la télévision. Vivendi s’engage à racheter 100% du bouquet de chaînes de télévision payantes Mediaset Premium. L’accord est assorti d’un échange de participations à hauteur de 3,5%. Mais en juillet, Vivendi dénonce cette alliance, en arguant de doutes sur les résultats futurs du bouquet de télévision. Cela déclenche la colère de la famille de l’ancien chef de gouvernement Silvio Berlusconi qui contrôle Mediaset.

A la fin de l’année 2016, coup de théâtre, Vivendi monte au capital de Mediaset, lors d’un raid éclair qualifié d’« hostile » par la famille Berlusconi, qui saisit alors la justice italienne via sa holding Fininvest. La famille Berlusconi accuse Vivendi de « manipulation de marché ». Elle reproche à Vivendi d’avoir fait chuter artificiellement l’action Mediaset, en annonçant la rupture de l’accord stratégique pour monter à son capital à moindre coût.

Dans la foulée, le parquet de Milan lance une enquête préliminaire, baptisée « Opération Unfairplay », confiée à la brigade financière italienne. Ses investigations concluent que Vincent Bolloré et Arnaud de Puyfontaine, sont bien passibles de poursuites pour « manipulation du marché » et « obstruction à l’exercice de fonctions de contrôle ». Le parquet milanais peut désormais décider de se saisir ou non de l’affaire.

Vivendi dénonce dans un communiqué des « allégations ». Le groupe affirme que « le bureau du procureur émet l’hypothèse que, au second semestre 2016, Vivendi aurait communiqué des informations incorrectes au marché et n’aurait pas transmis certaines informations à l’autorité italienne des marchés ». L’entreprise « réaffirme avoir acquis sa participation dans Mediaset de manière légale et avoir toujours communiqué de manière transparente aux marchés et aux régulateurs et que ses dirigeants (…) ont agi dans le plein respect de la loi ».



FranceTVinfo

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