Le billet sciences du week-end. Un soleil artificiel comme source d’énergie propre ?


Cette photo prise le 19 juillet 2020 à Chengdu, dans la province du Sichuan, illlustre le programme d’installation du projet Tokamak, le programme chinois nouvelle génération de « soleil artificiel ».  (XINHUA NEWS AGENCY VIA AFP)

Le nouveau « soleil artificiel » chinois, le Tokamak a été activé pour la première fois le 5 décembre 2020. Il s’agit d’un réacteur à fusion nucléaire qui peut atteindre les 200 millions de degrés, une température 13 fois plus élevée que celle produite au coeur du soleil. 

Le Tokamak, c’est son nom, produit de l’énergie en rapprochant des noyaux atomiques, comme le fait naturellement le soleil. Il devrait atteindre 200 millions de degrés en son cœur, soit 13 fois la température du soleil. Mais pour le rendre opérationnel et le faire marcher en permanence, cela fait partie d’un programme de recherche nommé ITER, (réacteur thermonucléaire expérimental international), programme très ambitieux.

Dans les programmes type ITER, on utilise les réactions de fusion des noyaux légers. C’est ce qui se passe au cœur du soleil. On peut arriver à produire plus d’énergie que celle que l’on introduit pour démarrer et faire fonctionner l’appareil.

André-Jean Guérin, ingénieur général des Ponts, membre du Shift Project

ITER est le plus grand projet scientifique mondial actuel, avec 35 pays et un budget de 20 milliards d’euros. Produire de l’énergie sans émissions de gaz à effet de serre et sans déchets, est un programme ambitieux mais contesté, du fait de l’ampleur des investissements et surtout des risques, notamment par le fondateur de l’association négaWatt.

Il est inutile de copier ce qui existe et qui fonctionne depuis 6 milliards d’années et qui va encore fonctionner 4 milliards d’années […]. Il fonctionne très bien, il gère ses propres déchets […] c’est notre bon vieux soleil. Donc utilisons-le !

Thierry Salomon, fondateur de l’association négaWatt

Cette centrale, actuellement en construction dans le sud de la France, devrait être opérationnelle en 2035. Mais la livraison commerciale de centrales à fusion, capables d’alimenter chacune deux millions de foyers, est espérée au mieux d’ici 20 ou 30 ans.

Pour tout savoir sur ITER et le fonctionnement d’une centrale à fusion nucléaire, et participer à la consultation, des infos ici.  

Chengdu, 4 décembre 2020, province du Sichuan. La Chine a anoncé la mise en marche pour la première fois du réacteur baptisé "HL-2M Tokamak", capable d’atteindre jusqu’à 200 millions de degrés. Les réacteurs à fusion nucléaire pourraient être l’énergie propre du futur.
Chengdu, 4 décembre 2020, province du Sichuan. La Chine a anoncé la mise en marche pour la première fois du réacteur baptisé « HL-2M Tokamak », capable d’atteindre jusqu’à 200 millions de degrés. Les réacteurs à fusion nucléaire pourraient être l’énergie propre du futur. (ZHANG CHAOQUN / XINHUA NEWS AGENCY / XINHUA VIA AFP)

L’agence de sûreté nucléaire vient de lancer sur son site une consultation pour prolonger la vie de 34 réacteurs qui approchent les 40 ans de fonctionnement, ce qui pourrait rendre certaines centrales, octogénaires. 

Pour Thierry Salomon, le renouvellement a ses limites : « On est face à une difficulté, qui est une possibilité du risque qui peut être jugée très faible. Mais par contre, les conséquences sur le risque peuvent être extrêmement importantes. » 

Le débat est donc engagé entre les partisans du nucléaire, qui défendent une énergie décarbonée, priorisant ainsi la lutte contre le réchauffement climatique, et les opposants, qui en présentent les dangers, tout en estimant que les énergies renouvelables suffiraient, pour peu qu’on les économise et qu’on les stocke, pour palier leurs intermittences.

Écoutez l’interview intégrale de Thierry Salomon 



francetvinfo

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