L’épidémie de Covid-19 fait reculer les salaires


Une fiche de paie. Photo d’illustration. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Sur les six premiers mois de l’année, l’Organisation internationale du travail (OIT) note que dans 28 pays européens, les salaires ont baissé en moyenne de 6,5%. Une tendance plus marquée encore pour les femmes, moins 8,1% (moins  5,4% pour les hommes). C’est surtout les professions les moins bien payées qui sont affectées. Elles connaissent une chute moyenne de salaire de plus de 17%.

L’OIT explique que cette baisse des salaires est due à une réduction des heures travaillées. On a fait moins d’heures, on a donc globalement gagné moins. Ce n’est pas fini. Selon Guy Rider, le directeur général de l’Organisation international du travail,« les conséquences de la crise du Covid-19 sur l’économie et sur l’emploi devraient entraîner une énorme pression à la baisse sur les salaires dans un avenir proche. »

Dans les pays les plus riches, les salaires paraissent augmenter. Pour un tiers des pays analysés par l’OIT, qui sont précisément les pays riches du G20, en moyenne les salaires ont augmenté de 2,6% à la fin du deuxième trimestre de cette année. Tout simplement parce qu’un grand nombre de salariés faiblement rémunérés ont perdu leur emploi. Ils n’apparaissent plus dans les statistiques et, mécaniquement, les salaires moyens grimpent. Mais derrière cette hausse, il y a bien davantage de gens au chômage ou qui font moins d’heures de travail. Un phénomène observé en France, mais aussi aux Etats-Unis, au Brésil, au Canada ou encore en Italie. En France, le chômage partiel a fait perdre 16% de leur rémunération aux salariés concernés.

Quel est d’ailleurs le salaire moyen en France ? L’Insee vient tout juste de publier son rapport annuel. Les derniers chiffres sont bien antérieurs à la crise puisqu’ils concernent 2018. Mais, dans le privé, le salaire net moyen est de 2 369 euros. Un salarié sur dix gagne mois de 1 282 euros. À l’autre bout de l’échelle, si vous gagnez plus de 3 776 euros, vous faites partie du dixième le plus privilégié. Seulement un salarié sur 100 gagne près de huit fois le smic, soit plus de 9 172 euros. L’écart entre les femmes et les hommes se réduit, mais il est encore de 16,9%. Un écart encore plus marqué parmi les plus hautes rémunérations, parce que les femmes y sont sous représentées. Sur les super salariés, ceux à plus de 9 000 euros, seuls un sur cinq est une femme.



FranceTVinfo

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