Darmanin se défend de vouloir créer un « délit d’opinion »


Les trois décrets gouvernementaux élargissant le fichage pour « atteinte à la sûreté de l’Etat », critiqués à gauche et par les défenseurs des libertés publiques, ne créent pas « un délit d’opinion », a affirmé ce jeudi Gérald Darmanin.

« Les opinions et les activités politiques en lien avec les partis extrémistes, ceux qui prônent justement la séparation, la révolution, doivent être connus par les services de renseignement », a déclaré le ministre de l’Intérieur sur franceinfo, affirmant qu’« il ne faut pas y voir une sorte de Big Brother ».

Aux termes de ces décrets (ici, ici et ici), publiés vendredi au Journal officiel, les « opinions politiques », les « convictions philosophiques et religieuses » et « l’appartenance syndicale » pourront désormais être collectées dans des fichiers qui, jusqu’alors, se limitaient à recenser des « activités ».

De Macron à Pierre de Villiers, la présidentielle se jouera-t-elle sur l’autorité ?

« Périmètre particulièrement large »

« On a changé activités politiques en opinions politiques car c’est le terme de la loi RGPD [Réglement général européen sur la protection des données] », entrée en vigueur en 2018 et qui a motivé l’actualisation des trois décrets, a expliqué le ministre.

« La Cnil [Commission nationale de l’informatique et des libertés] et le Conseil d’Etat ont donné un avis favorable » à ces décrets, a-t-il souligné.

La Cnil, autorité administrative indépendante, avait cependant noté le périmètre « particulièrement large » des données concernées dans un avis rendu en juin.

« S’il faut le repréciser pour que les choses soient claires, (le ministère de l’Intérieur) le reprécisera », a dit Gérald Darmanin.Urgence sanitaire : ces nouvelles mesures qui inquiètent

Des décrets contestés

Le secrétaire général de Force ouvrière, Yves Veyrier, a exprimé la « stupéfaction » et les « inquiétudes » de son syndicat au sujet de ces décrets et a demandé à la ministre du Travail Elisabeth Borne qu’ils soient suspendus et retirés sur la partie concernant « l’appartenance syndicale ».

« Ces décrets représentent une atteinte supplémentaire à nos libertés les plus fondamentales », a dénoncé Europe Ecologie Les Verts, tandis que le député et porte-parole du PS Boris Vallaud a demandé le « retrait » des textes. La Quadrature du Net, ONG de défense et de promotion des droits et liberté sur Internet, a annoncé préparer un recours devant le Conseil d’Etat.

Mercredi, le ministre de l’Intérieur a également été interpellé au Sénat par Michel Dagbert, ce dernier rappelant que « la protection des Français ne peut pas se faire au détriment des libertés ».





nouvelobs

A lire aussi

Laisser un commentaire