Dans les coulisses d’un entrepôt robotisé d’Amazon


Impossible de le rater. A Brétigny-sur-Orge (Essonne), depuis la départementale D19, le colossal entrepôt gris bordé de jaune, couleur d’Amazon, s’impose au milieu de la plaine. Bienvenue à « ORY4 », nom de baptême du site conformément à la nomenclature du géant de Seattle : chaque implantation adopte les 3 lettres de l’aéroport international le plus proche – Orly en l’occurence – complété d’un chiffre. Ce centre de distribution est le sixième d’Amazon en France, et le seul à être robotisé.

Pourtant, dès l’arrivée, le fantasme d’un entrepôt entièrement piloté par des machines s’évanouit : le parking de 1 500 places est bien rempli, des rires s’échappent de l’espace fumeurs. Sur les trois niveaux du bâtiment, 5 000 personnes travaillent à l’orée des fêtes de fin d’année. « Actuellement, 1 400 personnes sont embauchées en CDI, précise le directeur du site, Stéphane Taillée. L’ambition était de 1 000 CDI en trois ans, je pense que nous doublerons notre objectif en deux ans. »

Le site tourne 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Une véritable fourmilière s’attelle quotidiennement à traiter jusqu’à 500 000 colis. Avant de pouvoir être commandée sur le site, la marchandise arrivée par cam…

ny-sur-Orge (Essonne), depuis la départementale D19, le colossal entrepôt gris bordé de jaune, couleur d’Amazon, s’impose au milieu de la plaine. Bienvenue à « ORY4 », nom de baptême du site conformément à la nomenclature du géant de Seattle : chaque implantation adopte les 3 lettres de l’aéroport international le plus proche – Orly en l’occurence – complété d’un chiffre. Ce centre de distribution est le sixième d’Amazon en France, et le seul à être robotisé.

Pourtant, dès l’arrivée, le fantasme d’un entrepôt entièrement piloté par des machines s’évanouit : le parking de 1 500 places est bien rempli, des rires s’échappent de l’espace fumeurs. Sur les trois niveaux du bâtiment, 5 000 personnes travaillent à l’orée des fêtes de fin d’année. « Actuellement, 1 400 personnes sont embauchées en CDI, précise le directeur du site, Stéphane Taillée. L’ambition était de 1 000 CDI en trois ans, je pense que nous doublerons notre objectif en deux ans. »

Le site tourne 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Une véritable fourmilière s’attelle quotidiennement à traiter jusqu’à 500 000 colis. Avant de pouvoir être commandée sur le site, la marchandise arrivée par camion doit intégrer les stocks. Une première équipe se charge d’ouvrir les cartons provenant des fournisseurs et de vérifier la qualité et la quantité des produits. Livres, fournitures de bureau, jeux vidéo, petit électroménager… Sur les lignes, la variété est illimitée. Chaque employé connaît parfaitement son rôle : eacher, picker ou encore packer, l’intitulé du poste, toujours en anglais, est le même dans tous les entrepôts Amazon à travers le monde.

4 000 navettes autonomes

Ce jour-là Naomy, 19 ans, est eacher. Elle vérifie que les codes-barres sont bien en place pour que le produit continue son chemin dans l’entrepôt. Grille-pain en main, la Guadeloupéenne raconte qu’elle est arrivée en métropole cet été, ce job est son premier emploi. Son CDD renouvelé, elle espère un CDI dès la fin de l’année. Et ne semble guère inquiète de l’incessant balai de robots à l’étage au-dessus :  » Même si le rythme est très soutenu, je regarde chaque produit avec exigence comme si j’allais le recevoir. Les machines n’auront jamais l’œil humain. »

Aux deux étages supérieurs, quelque 4 000 navettes autonomes mises au point par la filiale Amazon Robotics déplacent les stocks. Derrière les grilles de protection, la chorégraphie de ces petits robots orange transportant d’imposantes étagères est impressionnante. Ils s’évitent, s’arrêtent, redémarrent, tournent jusqu’à arriver aux pickers, les employés chargés de préparer la commande. Ils n’ont plus qu’à tendre le bras, répétant inlassablement le même geste pendant que les rayonnages, autonomes, se déplacent grâce à des QR Code tracés au sol. Selon le directeur de site, cette innovation permet « un inventaire plus dense de l’ordre de 40 % à surface équivalente. » 

Airs des Temps modernes

Une fois prélevé, le produit est acheminé par tapis roulant jusqu’aux packers. Ici, plus de robots, chacun emballe à son poste derrière ses protections anti-Covid. Lorsqu’une commande doit réunir plusieurs produits, un employé collecte l’objet et le place dans une étagère où un voyant vert s’allume. Presque mécaniquement, il se tourne et se retourne pour récupérer les objets et les disposer au plus vite. Même robotisé, l’entrepôt d’Amazon garde des airs des Temps modernes, de Charlie Chaplin. A fortiori à l’approche des fêtes de fin d’année, quand les chaînes d’emballage n’en finissent plus de monter en puissance.

 

 

 



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