Comment l’Union européenne lutte-t-elle contre le chômage des jeunes ?


Synthèse


10.12.2020

Boran Tobelem

Déjà bien plus touchés par le chômage que l’ensemble de la population, les jeunes subissent de plein fouet la crise économique liée à la pandémie de Covid-19. Pour accompagner leur insertion dans le marché du travail, l’Union européenne a notamment lancé en 2013 la Garantie pour la jeunesse, pour laquelle la Commission a proposé un renforcement en juillet 2020.

En Europe, 5 millions de jeunes participent annuellement aux dispositifs de la Garantie pour la jeunesse – Crédits : Jean-Philippe Wallet / iStock

17,5 %, c’est le nombre de jeunes de moins de 25 ans au chômage dans l’Union européenne en octobre 2020, contre 7,6 % pour l’ensemble des actifs.

Chômage des jeunes : une situation alarmante

Alors qu’il avait atteint un pic de 24,5 % courant 2013 à la suite de la crise économique de 2008, le taux de chômage des jeunes avait fortement baissé, se situant à 14,7 % au début de l’année 2020. Mais la propagation du coronavirus et ses impacts économiques particulièrement négatifs l’ont fait repartir à la hausse.

Le taux de chômage des jeunes en Europe

Les jeunes voient ainsi leur précarité augmenter. Dans un rapport publié en mai 2020, l’Organisation internationale du travail (OIT) considère qu’ils sont « affectés de manière disproportionnée » par les effets de la crise du Covid-19. Même constat au niveau national en France, où l’Observatoire des inégalités dresse le portrait d’une jeunesse en première ligne face au ralentissement économique. Dans ce contexte difficile, que peut faire l’Union européenne pour améliorer la condition des jeunes sur le marché du travail et leur garantir un avenir meilleur ? Quels dispositifs d’accompagnement à l’insertion dans la vie active met-elle en place ?

La Garantie pour la jeunesse

La politique de l’emploi relève essentiellement des Etats membres. En la matière, les compétences de l’UE sont donc limitées mais les institutions européennes peuvent émettre des recommandations que les gouvernements nationaux sont libres de suivre ou non. La Garantie pour la jeunesse, dispositif phare de la lutte contre le chômage des jeunes en Europe, a ainsi été adoptée par le Conseil en avril 2013, sur proposition de la Commission européenne.

Avec ce texte, les pays de l’UE se sont engagés à garantir à tout jeune de moins de 25 ans une offre d’emploi, de formation continue, d’apprentissage ou de stage dans les quatre mois qui suivent la perte de son emploi ou la fin de ses études. La Garantie pour la jeunesse est financée par l’Initiative pour l’emploi des jeunes (IEJ), instrument financier initié en 2013 également, dont le budget de 6,4 milliards d’euros pour la période 2014-2020 a été porté à 8,8 milliards en 2017. Le Fonds social européen (FSE) finance aussi en grande partie la Garantie pour la jeunesse. En France, cette dernière est mise en place via le dispositif Garantie jeunes. Les jeunes intéressés doivent s’adresser à la mission locale de leur lieu de résidence.

Chaque année depuis 2014, 5 millions de jeunes Européens font appel aux dispositifs de la Garantie pour la jeunesse via les dispositifs nationaux. 3,5 millions d’entre eux ont accepté une offre d’emploi, de stage, d’apprentissage ou de formation continue, indique le site de la Commission européenne. Mais l’action de l’UE en termes d’insertion des jeunes dans le marché du travail ne se limite pas à la Garantie pour la jeunesse. En matière d’apprentissage, par exemple, l’Alliance européenne pour l’apprentissage a été lancée en 2013. Cette plateforme met en relation des acteurs, gouvernementaux et professionnels notamment, du monde de l’apprentissage afin qu’ils échangent les meilleures pratiques en ce domaine. Selon l’exécutif européen, l’Alliance a fortement contribué à la création de 900 000 postes d’apprentissage depuis sa mise en place.  

La politique européenne de l’emploi et de la protection sociale

L’emploi et le social dans l’Union européenne

Quelles perspectives ?

Dans le cadre de la programmation budgétaire 2021-2027, et pour répondre aux difficultés économiques provoquées par le Covid-19, la Commission européenne a présenté en juillet 2020 une proposition pour un  « Soutien à l’emploi des jeunes » (Youth Employment Support (YES) en anglais), visant en premier lieu à renforcer la Garantie pour la jeunesse.

Avec sa proposition, la Commission européenne entend étendre la limite d’âge du dispositif à 29 ans. L’exécutif européen souhaite également élargir sa portée, pour que les groupes défavorisés (comme les minorités et les personnes en situation de handicap) y aient plus facilement accès. L’objectif du renforcement de la Garantie pour la jeunesse est aussi de mieux l’adapter aux besoins des entreprises et de fournir un accompagnement plus personnalisé.

Autre mesure préconisée par la Commission : le renouvellement de l’Alliance européenne pour l’apprentissage. De manière plus générale, elle souhaite que les Etats membres consacrent 22 milliards d’euros issus des fonds européens, via le plan de relance Next Generation EU ainsi que le futur budget 2021-2027, à des mesures en soutien à l’emploi des jeunes.

Qu’est-ce que le plan de relance de l’Union européenne ? [Infographie]



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