Mes années Giscard, par Hervé Le Tellier


En ces temps-là, les quinquennats duraient sept ans. C’était long. Mais sept ans, c’est bien assez pour dresser une collection de souvenirs. Ils seront plutôt épars, sans grande logique, car remonter le temps sur plus de quarante ans est un exercice périlleux. La mémoire est imprécise, la datation confuse, la chronologie hésitante. Je remercie chaleureusement la communauté Wikipédia pour les erreurs évitées, ainsi que peut-être pour les rares introduites. Je crains de tomber parfois dans le « c’était mieux avant », mais il se trouve que parfois, désolé, c’était mieux avant.

Je n’évoquerai pas le bilan économique du septennat. Oui, le chômage avait explosé, oui, l’« emprunt Giscard » a coûté des milliards aux Français, mais si j’en crois l’Insee, sans que le déficit se creuse, les inégalités se sont plutôt réduites, la TVA a baissé, et la fiscalité est restée juste. Une certaine gauche est parvenue à faire regretter cette droite des années 1970. Giscard n’eut pas le cran d’affronter la société en abolissant la peine de mort, mais il autorisa l’avortement, le divorce par consentement mutuel, fit tomber le droit de vote à 18 ans. Tout cela, d’autres en parleront sûrement, et mieux.

« Valéry Giscard d’Estaing était davantage un homme d’Etat qu’un homme politique »

En ces années-là, j’avais quatre passions : la politique, les maths, le cinéma et la littérature. D’abord, peut-être, le cinéma. Les années 1970 comptent leur lot de chefs-d’œuvre, de « Barry Lyndon » à « l’Homme qui

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