L’homme d’affaires Ziad Takieddine libéré sous contrôle judiciaire


L’homme d’affaires franco-libanais Ziad Takieddine a été libéré sous contrôle judiciaire, quelques jours après son arrestation sur la base d’une notice émise par Interpol, dans l’attente d’un transfert de son dossier par Paris, a indiqué à l’AFP une source judiciaire.

Peut-il être jugé au Liban ?

Ziad Takieddine, 70 ans, est l’ancien témoin à charge contre l’ex-président français Nicolas Sarkozy dans l’affaire du financement libyen de la campagne présidentielle de l’ex-chef d’Etat. Il est aussi visé par un mandat d’arrêt français dans le cadre de l’affaire dite « de Karachi », sur le versement de commissions occultes.

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« Le procureur général près la Cour de Cassation […] a décidé lundi de relâcher Ziad Takieddine après avoir déterminé son lieu de résidence, confisqué ses passeports » afin qu’il ne puisse quitter le territoire libanais, a indiqué la source judiciaire sous couvert d’anonymat.

Le procureur libanais, Ghassan Oueidat, va s’adresser aux autorités françaises compétentes pour demander que lui soit remis le dossier juridique de Ziad Takieddine afin d’examiner les charges pesant contre lui en France et prendre les dispositions légales, a ajouté la même source.

L’impossible procès de l’affaire Karachi

Il s’agit notamment de savoir si l’homme d’affaires peut être jugé au Liban, a-t-on ajouté.

Cinq ans de prison

Vendredi, après l’annonce de son arrestation, une source française avait indiqué que Paris et Beyrouth n’avaient « pas conclu de convention d’extradition », ajoutant que le Liban « n’extrade pas ses ressortissants nationaux ». « La procédure pourrait donc très vite s’arrêter là », a-t-il ajouté.

Ziad Takieddine est visé depuis plusieurs mois par un mandat d’arrêt émis par le tribunal de Paris, qui l’a condamné à cinq ans de prison dans le cadre de l’affaire Karachi.

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Cette affaire porte sur le versement de commissions occultes liées à des contrats d’armement avec l’Arabie saoudite et le Pakistan, dont une partie a contribué à financer la campagne présidentielle malheureuse d’Edouard Balladur en 1995. Il était absent lors du jugement, ayant fui à Beyrouth la veille de sa condamnation.

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Selon une source sécuritaire libanaise, Ziad Takieddine comparaissait mardi devant le Bureau des Crimes financiers du Liban dans une affaire distincte quand les autorités ont réalisé qu’il y avait une demande pour son arrestation émanant d’Interpol. Il avait alors été incarcéré sur la base de cette demande.





nouvelobs

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