Le rendez-vous de la dernière chance entre Johnson et von der Leyen pour trouver un accord sur le Brexit


Le temps presse. Le Premier ministre britannique Boris Johnson et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen se retrouvent ce mercredi 9 décembre à Bruxelles pour tenter de débloquer les négociations post-Brexit. Un rendez-vous qui semble être celui de la dernière chance de parvenir à un accord.

Cette rencontre au sommet intervient à trois semaines de la rupture définitive entre Londres et l’Union européenne après des mois de pourparlers sans progrès sur les sujets qui fâchent et la menace accrue d’un échec aux lourdes conséquences économiques.

Accord de Brexit : Londres rejette l’ultimatum de Bruxelles

A la veille de la réunion sur leurs éventuelles concessions, les deux camps ont affiché des positions très fermes. L’UE ne sacrifiera « jamais (son) avenir » pour conclure un accord post-Brexit au prix de concessions qui fragiliseraient son marché unique, a prévenu le négociateur européen Michel Barnier.

« Nos amis doivent comprendre que le Royaume-Uni a quitté l’UE pour pouvoir exercer un contrôle démocratique. Nous en sommes encore loin », a averti de son côté Boris Johnson.

Un rendez-vous pour voir si les lignes peuvent bouger

La rencontre des deux responsables politiques, qui commencera par un dîner, a pour objectif de voir si les blocages les plus importants peuvent être levés et éviter un « no deal » mais « pas de ficeler de manière définitive la négociation », a souligné Bruxelles. « Elle s’apparente à un rendez-vous de la dernière chance pour voir si les lignes rouges des deux camps peuvent encore bouger », estime Eric Maurice, de la Fondation Schuman.

A quoi joue Boris Johnson ?

Britanniques et Européens achoppent toujours sur les trois mêmes sujets depuis mars : l’accès européen aux eaux britanniques, la manière de régler les différends dans le futur accord et les garanties exigées par l’UE à Londres en matière de concurrence en échange d’un accès sans droits de douanes ni quotas au marché du continent.

Lors d’un entretien téléphonique lundi soir, Boris Johnson et Ursula von der Leyen n’avaient pu que constater que les conditions pour finaliser un accord n’étaient toujours « pas réunies », alors que les négociations avaient repris la veille.

Malgré l’impasse sur leur relation future à partir du 1er janvier, Londres et Bruxelles ont malgré tout réussi à s’entendre mardi sur l’application du traité encadrant le divorce intervenu le 31 janvier 2020.

Une réunion à Bruxelles a permis d’arriver à un « accord de principe » sur les dispositions douanières spécifiques à l’Irlande du Nord, censées éviter le retour d’une frontière avec la République d’Irlande.

Outre-Manche, des dispositions controversées retirées

Par ailleurs, le gouvernement britannique va retirer les articles d’un projet de loi controversé qui visaient à les contourner mais violaient de son propre aveu le droit international, au nom de la nécessité d’assurer la continuité des échanges entre Irlande du Nord et Grande-Bretagne.

L’UE avait lancé une procédure d’infraction contre Londres et le Parlement européen avait menacé de ne pas ratifier l’éventuel futur accord.

La nouvelle a soulagé l’Irlande, en première ligne du choc qui s’annonce le 31 décembre prochain à la fin de la période de transition quand le Royaume-Uni va sortir du marché unique et de l’union douanière. Dublin a exprimé l’espoir que « l’élan va se poursuivre dans les négociations » en cours.

Le Brexit au menu des discussions d’un sommet européen

La rencontre de Bruxelles se déroulera à la veille d’un sommet des Vingt-Sept et quel que soit son résultat, le Brexit sera l’un des sujets chauds de la réunion.

Les Etats membres espèrent un accord mais pas « à n’importe quel prix » et la France a averti qu’elle n’hésiterait pas à y mettre son veto si ses pêcheurs étaient sacrifiés.

En cas d’échec, les échanges entre Londres et l’UE se feront dès le 1er janvier selon les seules règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), synonymes de droits de douane ou de quotas, au risque d’un nouveau choc pour des économies déjà fragilisées par le coronavirus.

S’il est conclu, l’accord commercial – de plus de 700 pages – devra encore être ratifié par les Parlements britannique et européen avant d’entrer en vigueur le 1er janvier.





nouvelobs

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