Quand atteindra-t-on l’objectif de 5 000 contaminations quotidiennes de Covid-19 ?


Un test de dépistage Covid à Nice, le 15 octobre 2020. (ARIE BOTBOL / HANS LUCAS)

C’est une semaine décisive qui commence pour sortir du confinement. Emmanuel Macron avait fixé comme objectif de réduire les contaminations quotidiennes à 5 000 nouveaux cas et entre 2 500 et 3 000 patients en réanimation. Ces chiffres devenaient le synonyme d’un retour au cinéma, au musée et des vacances de Noël loin de chez soi. Si l’objectif s’approche pour les patients en réanimation, nous sommes à 3 200 personnes, en revanche les chiffres de Santé Publique France estiment qu’il y a eu 11 000 nouveaux cas, ces dernières 24h.

Le week-end, il y a moins de données en provenance des laboratoires. Vendredi nous étions plutôt autour de 13 000 entre les tests PCR et les antigéniques rapides qui commencent à monter en puissance. Nous ne sommes donc pas encore aux objectifs fixés par le président de la République. Même si le taux de positivité (le nombre de cas de Covid, en fonction du nombre de tests réalisés) a baissé en une semaine : de 13 à 10%. 
 

C’est la question à 1 000 euros. D’abord, il y a encore des incertitudes sur la possibilité de réussite. Le modélisateur Simon Cauchemez, de l’Institut Pasteur, a fait plusieurs scénarios. L’un d’eux envisage que l’on atteigne l’objectif. Mais il reconnaît aussi que depuis quelques jours, le nombre de nouveaux cas baisse moins qu’avant. Il faut dire que les magasins ont rouvert, il fait plus froid, il est donc plus difficile de se voir à l’extérieur. Il est possible que l’on rate la barre des 5 000 cas quotidiens en moyenne de quelques jours. Il faut donc rester très vigilants.

Remettre en question cette nouvelle étape de déconfinement relève d’une décision politique qui n’incombe pas au modélisateur du conseil scientifique. Mais ce qu’il s’est passé aux États-Unis avec les fêtes de Thanksgiving donne du grain à moudre aux épidémiologistes sur les risques des réunions de famille. Des incertitudes demeurent donc même s’il y a plus de gens immunisés. Selon les statistiques, un Français sur dix a eu le Covid, cela peut faire ralentir la circulation du virus. Il y a, tout de même, de fortes disparités régionales donc dans quelles proportions cela réduit le virus par rapport à sa circulation l’an dernier, ce n’est pas tranché.

Ensuite, il est plus difficile à prévoir dans les modèles pour le « Monsieur prévisions » de l’Institut Pasteur, Simon Cauchemez, d’estimer l’adhésion des Français au confinement, aux gestes barrières. Un relâchement généralisé est dur à prévoir, tout comme une très forte prise de conscience. Bonne nouvelle, l’attitude des gens a aussi fait mentir les scénarios les plus pessimistes. Par exemple, fin octobre, les modèles prévoyaient que nous atteindrions 9 000 cas en réanimation au 16 novembre, finalement le pic a été de 4 900. Si les autorités sanitaires ont quarante ans de recul pour suivre une épidémie comme celle de la grippe saisonnière, ce n’est évidemment pas le cas pour le Covid-19. 
 



francetvinfo

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