« Ne contrôlez plus, blocage total ! » Les syndicats de police indignés par les propos de Macron sur les violences


L’interview de Macron suscite un vent de fronde au sein des syndicats policiers. Les deux principales organisations qui représentent les gardiens de la paix, Alliance et Unité SGP-FO, ont protesté samedi 5 décembre contre les propos du chef de l’Etat sur les contrôles au faciès et les discriminations. Les syndicats appellent même les policiers à ne plus faire de contrôles d’identité.

« Non, la police n’est pas raciste et elle ne choisit pas sa délinquance », a lancé le syndicat Alliance dans un tract et une vidéo diffusés sur les réseaux sociaux. Il y dénonce « la défiance de l’Etat vis-à-vis des policiers », des « allusions douteuses sur les actions des policiers ». « La présomption de culpabilité de racisme ou de contrôle au faciès n’aura pas lieu », assure-t-il, mettant en garde : « C’est honteux. Le président aura la police qu’il mérite ». Alliance appelle les policiers à « ne plus faire de contrôles d’identité ».

Violences policières : « La responsabilité du pouvoir est totale »

De son côté, Unité SGP-FO se demande « sur quelle statistique ethnique, interdite et inexistante en France est basée » l’affirmation du chef de l’Etat sur la question des contrôles au faciès, dans un tract diffusé sur Twitter.« Il semble beaucoup plus simple d’accuser les policiers que de reprocher aux politiques des 50 dernières années d’avoir cloîtré des populations dans les banlieues, loin, pour ne pas les voir, et ce sans mixité », ajoute-t-il.

Unité SGP-FO appelle aussi à cesser les contrôles. « Nous sommes racistes, ne contrôlez plus ! Blocage total ! », écrit le syndicat sur son compte Twitter.

TRIBUNE. Violences policières : voir les choses en face

Macron sous la pression des manifestants

Vendredi, sur le média en ligne Brut, Emmanuel Macron a expliqué vouloir regarder en face la question des contrôles au faciès. « Aujourd’hui quand on a une couleur de peau qui n’est pas blanche, on est beaucoup plus contrôlé (..) On est identifié comme un facteur de problème et c’est insoutenable », a regretté le chef de l’Etat. Prenant la parole à la veille de nouvelles manifestations, samedi, contre la loi « sécurité globale » et les violences policières, il a promis le lancement en janvier d’une plateforme nationale de signalement des discriminations, gérée par l’Etat, le Défenseur des droits et des associations.

Le chef de l’Etat a par ailleurs récusé le terme de « violences policières », le jugeant politisé. « Il y a des policiers qui sont violents » et « qu’il faut sanctionner », a-t-il dit.

La police est sous le feu des critiques après plusieurs affaires de violences policières, dont le tabassage du producteur de musique Michel Zecler et l’évacuation controversée d’un camp de migrants place de la République.

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