34 ans après, la gauche n’oublie pas la mort de Malik Oussekine, tué par des policiers


De nombreuses personnalités de gauche ont appelé dimanche 6 décembre à ne pas oublier Malik Oussekine, 34 ans après sa mort lors de la répression d’une manifestation, en réaction à la polémique déclenchée par un député LREM, Jean-Michel Fauvergue, ancien patron du Raid.

« Il y a 34 ans Malik Oussekine mourait à Paris sous les coups d’un groupe de policiers, en marge d’une manifestation étudiante. Sa mort a marqué toute une génération. J’avais 18 ans et ce fut aussi une des raisons de mon engagement militant. N’oublions jamais Malik… », a écrit par exemple sur Twitter le député LFI Alexis Corbière, au moment où le débat sur les « violences policières » resurgit.

« En ce 6 décembre, au 20 rue Monsieur-le-Prince dans le 6e arrondissement, Paris se recueille et rend hommage à Malik Oussekine. Nous n’oublierons jamais », a fait savoir la maire (PS) de Paris Anne Hidalgo, en tweetant la photo d’un dépôt de gerbe.

« Il y a 34 ans, Malik Oussekine était tué par des assassins indignes de porter l’uniforme de la Police. (…) On n’oublie pas, et on se lève pour que cela ne se reproduise plus », a réagi le maire EELV de Grenoble Eric Piolle, également sur Twitter.

Le sénateur socialiste Rachid Temal a rappelé pour sa part que « Malik Oussekine c’est aussi le symbole et déclencheur de l’engagement de nombreux jeunes ».

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Mort sous les coups de policiers à moto

Dans la nuit du 5 au 6 décembre 1986, l’étudiant, qui sortait d’une boîte de jazz dans le quartier de la Sorbonne, était mort sous les coups de policiers à moto, lors de la répression d’une manifestation contre un projet de loi sur la réforme des universités, la loi Devaquet.

Après son décès, le peloton de policiers voltigeurs avait été dissous et le gouvernement de Jacques Chirac avait dû renoncer à sa réforme.

« Depuis très longtemps en province [les forces de l’ordre vont] au contact, Paris commence à faire de la même manière. Et effectivement, Paris a été empêché de ça par l’affaire Malik Oussekine. Il faut l’oublier maintenant », avait déclaré Jean-Michel Fauvergue mardi, dans l’émission de France 5, C à Vous, au cours d’une discussion sur la maintien de l’ordre.

Pour le député LREM Jean-Michel Fauvergue « il faut oublier l’affaire Malik Oussekine »

Cette déclaration de l’ancien patron du Raid a immédiatement déclenché un tollé à gauche. « Une défaite morale et politique totale », a ainsi réagi l’ancien candidat socialiste à la présidentielle de 2017 Benoît Hamon.

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« Voilà pourquoi LREM on ne peut avoir confiance dans votre conception du monde », a de son côté tweeté le patron du PS Olivier Faure.

Jean-Michel Fauvergue est en partie revenu sur ses propos dans « Le Parisien » mercredi. « Bien sûr qu’il ne faut pas oublier Malik Oussekine, je suis à 100 % d’accord avec ça ! », a-t-il affirmé dans les colonnes du quotidien. « Ce garçon a été victime de violences policières, il a été pris pour cible par des policiers qui ont été condamnés pour ça, et c’est bien normal », a-t-il ajouté.





nouvelobs

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