Trump a déjà perdu plus de 30 recours en justice (mais espère un miracle devant la Cour suprême)


Une véritable Bérézina. Si le président américain Donald Trump a montré les muscles dès l’annonce, par les médias américains, de la victoire de Joe Biden à la présidentielle américaine, multipliant les recours en justice, il ne cesse depuis d’essuyer revers sur revers.

« Pour un homme qui est obsédé par le fait de gagner, le président Trump perd beaucoup actuellement », note, ironiquement, l’agence de presse Associated Press (AP) dénonçant une « vaine tentative de rester au pouvoir ». Selon le décompte de l’agence, Donald Trump et ses alliés ont intenté environ 50 recours.

Plus de 30 se sont soldés par une défaite : soit les recours ont été rejetés, soit finalement abandonnés. Une douzaine d’entre eux environ attendent encore qu’une décision soit rendue.Les 9 peaux de banane que Trump laisse à Biden

« Stratégie perdante »

Plus de 30 revers pour… une toute petite victoire pour le camp Trump : un recours contestant le report de la date limite pour fournir une preuve d’identité manquante pour certains bulletins de vote par correspondance en Pennsylvanie. Aucune chance que cela renverse le résultat de l’élection.

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Pire, la stratégie jusqu’au-boutiste du président américain de multiplier frénétiquement les recours pourrait lui coûter cher : « Cela va continuer à être une stratégie perdante », assure ainsi auprès de l’agence Kent Greenfield, professeur à l’université de droit de Boston.

« Et d’une certaine manière c’est même mauvais pour lui : il va reperdre les élections plusieurs fois. Les profondeurs de sa pétulance et de son narcissisme continuent de me surprendre. »

Signe ultime de l’enferrement dans lequel se perd le président américain, de plus en plus esseulé : mardi 1er décembre, son ministre de la Justice Bill Barr, pourtant membre de sa garde rapprochée, a assuré ne pas avoir vu de fraude suffisante pour invalider la victoire de Joe Biden.

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Le coup de poker de la Cour suprême

Qu’importe ! Donald Trump ne cède pas et espère même un miracle devant la Cour suprême. Des alliés du président américain ont ainsi déposé jeudi 3 décembre un recours en urgence devant la Cour suprême des Etats-Unis pour lui demander de bloquer la certification des résultats de l’élection en Pennsylvanie.

Ce recours fait suite au rejet par la Cour suprême de cet Etat, samedi, d’une plainte contestant la légalité des votes par correspondance dans ce vaste territoire du Nord-Est des Etats-Unis. La plus haute juridiction américaine n’est pas appelée à se prononcer sur le fond du dossier à ce stade.

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Les requérants, dont l’élu républicain de la Chambre des Représentants Mike Kelly, lui demandent de geler toutes les opérations électorales dans cet Etat-clé, en attendant qu’ils développent leur argumentaire. Le temple du droit devrait répondre rapidement par écrit, et n’aura pas à justifier sa décision.

« Trump ouvre une période extrêmement dangereuse »

Donald Trump a profondément remanié la Cour suprême des Etats-Unis, dont il a nommé trois des neuf juges, et s’était dit, dès le lendemain du scrutin, prêt à la saisir. Dimanche, il s’était montré frustré qu’aucune plainte ne lui ait encore été adressée. Sur la chaîne Fox, il s’était interrogé :

« Il faut que la Cour suprême examine notre cas. Il faut que quelque chose lui parvienne. Sinon, c’est quoi la Cour suprême ? »

Le précédent de 2000

En 2000, la haute juridiction avait interrompu un recomptage des suffrages en Floride, où George W. Bush ne disposait que de 537 voix d’avance sur le démocrate Al Gore, ce qui avait permis au républicain de remporter l’élection.

Mais cette fois, l’élection ne dépend pas que d’un Etat et les écarts sont bien plus importants. Il est donc peu probable que le temple du droit mette sa réputation en péril pour un dossier qui ne pèsera pas au final. Donald Trump s’arrêtera-t-il alors enfin ?

Dans ce monde parallèle, Trump sera bientôt reconnu président (si, si)

R.F.





nouvelobs

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