Depuis qu’elle se positionne pour 2022, Anne Hidalgo est la cible des Insoumis


L’union de la gauche ne semble pas au beau fixe : le positionnement d’Anne Hidalgo dans l’optique de 2022 n’a pas tardé à faire réagir la France insoumise. La maire de Paris est attaquée sur sa gauche et est désormais une cible pour le parti de Jean-Luc Mélenchon.

« Je peux être utile » : entre devoir et envie, Anne Hidalgo se confie sur la présidentielle

Dans un entretien publié dans « l’Obs » de cette semaine, Anne Hidalgo se confie sur l’élection présidentielle et a affirmé vouloir jouer un rôle en 2022.

« Je cherche à être utile en m’inscrivant non pas dans une candidature mais dans un chemin. Je peux apporter mon expérience pour aider à dépasser les clivages, les combats de coqs, les querelles », affirme-t-elle.

« Ambiguïté avec l’autoritarisme macronien »

Le leader de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, s’est fendu d’un tweet cinglant relayant la couverture de « l’Obs » représentant la maire de Paris ce jeudi 3 décembre.

« Enfin quelqu’un au PS. Quelqu’un qui assume l’ambiguïté avec l’autoritarisme macronien et les connivences avec le monde des affaires », cingle celui qui sera candidat en 2022 après avoir recueilli 150 000 parrainages citoyens.

Olivier Faure : « L’ADN de la gauche, c’est la défense de la laïcité »

Il y a une semaine, le chef de file de LFI avait chargé l’édile sur son blog :

« Le deuxième tour de l’élection présidentielle est aussi en vue. Anne Hidalgo creuse un fossé. Et du côté où elle veut montrer qu’elle se tient, il n’y a que la macronie comme voisin. C’est sans doute pourquoi elle s’est immédiatement située dans le camp des enthousiastes de la loi sécurité globale. »

« Nous n’avons pas de leçons à recevoir »

Autre point de tension : le fait qu’Anne Hidalgo ait estimé sur BFM Paris le 21 novembre que Jean-Luc Mélenchon avait « des ambiguïtés avec le cadre républicain ».

Clémentine Autain n’a pas ménagé Anne Hidalgo à ce sujet dans une interview accordée à « l’Obs ». « Quand j’entends de hauts responsables socialistes expliquer qu’une grande partie de la gauche et des écologistes serait ambiguë sur la République, propos aussi vagues qu’indignes, je me demande ce qu’ils cherchent… Nous n’avons pas de leçons à recevoir. Et qu’ils balaient déjà devant leur porte ! », a-t-elle déploré.

Clémentine Autain : « L’Ile-de-France est dirigée par et pour Versailles-Neuilly-Passy »« Dois-je rappeler qu’Anne Hidalgo n’hésite pas à se rendre officiellement à l’église quand l’archevêque bénit Paris, à nouer un partenariat avec Lafarge en 2016 alors que nous sommes déjà alertés sur ses dessous-de-table avec Daech ou à subventionner des crèches Loubavitch ? »

« Ambiguë sur la démocratie »

En plus de fustiger l’ambiguïté d’Anne Hidalgo sur l’article 24 de la loi « sécurité globale », Danielle Simonnet considère de son côté dans un tweet que l’édile « bâillonne le Conseil de Paris en limitant à un vœu par conseiller, pour ne pas y entendre les luttes parisiennes ».

« Ambiguë sur la démocratie… Tiens, en janvier 2020, elle jurait de ne pas candidater à la présidentielle », critique-t-elle.

Face à ces attaques, Luc Broussy, président du conseil national du PS, a vu les messages de Jean-Luc Mélenchon comme attestant de la crédibilité d’une candidature d’Anne Hidalgo en 2022.

« Si on avait un doute sur le fait qu’Anne Hidalgo soit une candidate crédible capable de rassembler bien au-delà du parti socialiste et Olivier Faure un premier secrétaire solide, il suffit pour s’en convaincre de lire de puis hier la hargne haineuse de Jean-Luc Mélenchon. »

EXCLUSIF. Anne Hidalgo aux écologistes : « Il n’y a rien d’indépassable, pas de difficultés insolubles »

Dans son interview à « l’Obs », Anne Hidalgo assure : « Je ne pense pas que les gauches sont irréconciliables ». Pour l’heure, la réconciliation ne semble pas être pour demain.





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