Comment l’article 24 a provoqué une crise politique


Ce jeudi 26 novembre au matin, quand Emmanuel Macron découvre la vidéo de Michel Zecler, ce producteur de musique tabassé par quatre policiers cinq jours plus tôt à Paris, la colère le dispute à la nausée. En cette période de toutes les tensions, entre crise sanitaire et débat sécuritaire, le président comprend vite l’émoi que peuvent susciter ces images insoutenables, immédiatement devenues virales. Il décroche son téléphone pour réclamer des explications à son ministre de l’Intérieur. Gérald Darmanin est prié de parcourir les quelques mètres qui séparent la place Beauvau de l’Elysée. Dans son bureau, le chef de l’Etat lui dit les choses « de manière très claire », selon son entourage :

« C’est inadmissible, honteux, je veux que justice soit faite. Mais il y a aussi un climat plus large, et je demande de l’apaisement. Qu’avez-vous comme solutions à proposer ? »

Le ministre encaisse. Jusque-là protégé, il sait que sa responsabilité est engagée. Est-il menacé ? « C’est à lui que le président a demandé des explications, donc cela répond à la question, décrypte un conseiller du Palais. On va voir comment il va gérer les prochains jours. Il est sous une pression très forte. »

Si le président est aussi courroucé, c’est parce que ces images arrivent au plus mauvais moment, en plein débat sur la proposition de loi relative à la sécurité globale, dont l’article 24 déchaîne les passions : il prévoit de pénaliser la diffusion d’images d’un policier ou d’un gendarme « dans le but manifeste

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nouvelobs

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