[L’Europe en région] En Martinique, l’Europe soutient l’aquaculture



Actualité


20.11.2020

Noémie Galland-Beaune

Implantée en 1992 dans le département du Vauclin, au sud-est de la Martinique, l’exploitation Racine Aquaculture élève des ombrines ocellées, plus communément appelées loup des Caraïbes. L’entreprise martiniquaise a reçu le soutien de l’Union européenne pour moderniser et augmenter sa production aquacole.

Des filets ont été installés autour des bassins pour protéger la production des prédateurs – Crédits : Collectivité territoriale de Martinique

« Activité traditionnelle des territoires insulaires, la pêche a toujours été un maillon de base de la société martiniquaise », indique le site de la collectivité territoriale de Martinique. Essentiellement artisanale, l’industrie de la pêche représente de nombreux emplois directs et indirects dans la région. Elle participe à « l’économie bleue de l’île [qui] regroupe les activités et filières économiques qui s’exercent en mer ou sont dépendant de la mer« , rappelle la Direction de la Mer et de la Martinique du ministère du Développement durable. Employant près de 12% de la population de la région, l’économie bleue contribue à la compétitivité martiniquaise.

Développée en Martinique dans les années 1980, l’aquaculture s’est donnée comme objectif de pallier la pénurie de poissons et de lutter contre la chute de la biodiversité maritime. Aujourd’hui, l’ombrine ocellée est l’unique espèce de poisson marin élevée sur le territoire. La production est directement vendue à des particuliers ou à des restaurateurs sur place.

Cependant, l’aquaculture est encore peu développée en raison des importants investissements qu’elle nécessite. Depuis les années 2000, la production mais aussi le nombre de fermes aquacoles ont même chuté. En 2017, la production d’ombrine s’élevait à 40 tonnes, alors qu’elle « dépassait les 100 [tonnes] annuelles dans les années 2000« , selon l’observatoire de l’économie maritime de la Direction de la Mer. Différents facteurs viennent expliquer cette tendance : « problème d’alimentation des poissons (entre 2011 et 2012), soutien publique défaillant depuis 2014, vols répétitifs sur les fermes aquacoles, etc ». L’activité aquacole est également très fragile, car soumise à de forts aléas climatiques. Enfin en 2016, la Coopérative aquacole de la Martinique (Coopaquam), qui centralisait les ventes des exploitants, a dû mettre en sommeil ses activités, faute de quantités suffisantes.

L’Europe en région : la Martinique

Le coup de pouce européen

Alex Racine est gérant de l’exploitation Racine Aquaculture depuis plus d’une vingtaine d’années, au cours desquelles il n’a pas été épargné, entre « les tempêtes tropicales [ou] l’invasion d’algues« , écrivait France-Antilles en 2014. En 2018, il a reçu une aide de l’Union européenne d’environ 50 000 € afin d’acquérir des équipements destinés à moderniser les infrastructures et sécuriser la production. Avec cette subvention, il a par exemple pu faire l’acquisition d’une pompe pour améliorer la circulation de l’eau dans les bassins et améliorer la qualité de l’eau, mais également de filets anti-oiseaux pour lutter contre les prédateurs responsables de pertes conséquentes dans le cheptel.

Pour soutenir et développer l’activité en Martinique, le Fond européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP) propose des investissements pour aider les aquaculteurs à moderniser et diversifier leur production et financer des projets créateurs d’emploi. Ce coup de pouce du FEAMP s’inscrit dans la démarche européenne de promotion de l’aquaculture, comme pratique maritime durable et compétitive. Les financements européens visent à augmenter le potentiel des sites aquacoles en développant des infrastructures plus performantes, ainsi qu’en prévenant les dommages qui pourraient affecter la production. Grâce aux investissements européens, l’exploitation Racine Aquaculture pourra maintenir une production en mer à 20 tonnes par an, mais aussi augmenter la qualité de la production.

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