Le brief éco. Industrie : relocaliser ou réindustrialiser ?


Une chaîne de montage de l’usine Renault de Tanger (Maroc). (FADEL SENNA / AFP)

Les grandes entreprises françaises sont devenues les championnes des délocalisations dès les années 2000. C’est un rapport de l’Institut France Stratégie (l’ex-Commissariat au Plan) qui l’affirme. Le document remis jeudi 19 novembre aux députés est plutôt sévère.

Six-cents pages pour expliquer comment l’industrie française est devenue, avec le Royaume-Uni, l’économie la plus désindustrialisée du G7, les sept pays les plus riches de la planète. Ce document apporte de l’eau au moulin à celles et ceux qui font remonter notre désindustrialisation à bien plus loin dans le temps – une quarantaine d’années –  selon les auteurs, l’industrie française a perdu la moitié de ses effectifs qui ne représentent plus aujourd’hui que 10% du total de nos emplois.

Selon France Stratégie, les explications de ce déclin tiennent principalement à une fiscalité particulièrement élevée sur la productivité, et progressive au fil des années. Ce à quoi l’État veut remédier aujourd’hui en baissant ce que l’on appelle les impôts de production, des taxes qui frappent le chiffre d’affaires des entreprises avant même qu’elles n’aient payé leurs fournisseurs et leurs impôts traditionnels. Un vrai facteur destabilisant qui a entraîné une dégradation de la compétitivité française et poussé nos entreprises à délocaliser pour aller produire dans des pays à faibles coûts. Conséquences pour l’emploi : les postes des filiales industrielles des groupes français implantés à l’étranger représentent aujourd’hui plus de 60% des effectifs contre 52% pour le Royaume-Uni et 38% pour l’Allemagne.

Vaste débat : faut-il relocaliser nos industries ou préférer une réindustrialisaton ? Relocaliser oui,  mais toutes les industries, non. Tout ce qui est stratégique bien sûr, dont une partie des médicaments. Pour le président du groupe de réflexion « La Fabrique de l’Industrie », Louis Gallois, l’urgence est de mettre l’accent sur le maintien de l’activité industrielle existante en favorisant la modernisation de l’outil de production, en jouant la dynamique des territoires et en priorité, plus loin que les plans de relance : fixer des objectifs mobilisateurs. Sauf pour la recherche et l’innovation, la réindustrialisation de la France n’est pas qu’une question d’argent.



FranceTVinfo

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