ces (très) jeunes couples qui ont décidé de passer le confinement ensemble



« Ici, c’est la chambre de Léa… mais aussi la mienne ! » Cela fait trois semaines que William et Léa habitent sous le même toit, celui de Léa. Les deux étudiants en école de commerce se tournaient autour depuis quelques semaines et le nouveau confinement les a jeté dans les bras l’un de l’autre. Comme de nombreux autres couples qui ont, eux aussi, opté pour le « corona cuffing«  (cuffing signifie  »menotter »), c’est à dire un rapprochement express pour passer le confinement dans des bras tendres, sans trop se poser de questions.

« On sentait fois mille que le confinement allait arriver puisque ça tournait pas mal sur les réseaux sociaux, sourit Léa. Du coup, on s’est demandé ce qu’on faisait mutuellement pour le confinement, et on s’est dit ‘si tu restes, moi, je reste’. »

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Tous deux restent donc à Lille, sortent et emménagent ensemble le même jour, celui du reconfinement. William ne voulait pas revivre l’isolement du printemps. « J’étais à la maison, en jogging, je regardais des films toute la journée et je ne faisais rien, raconte-t-il dans un rire. Vraiment, c’était ce que je ne voulais pas pour le deuxième. C’est plus sympa de passer le confinement à deux en réalité, et on ne regrette pas du tout. »

« On a été un peu visionnaires ! »

À 20 ans, William et Léa vivent une mise en couple à vitesse grand V. « Ce qui m’a le plus surprise, c’est justement le nombre de points communs qu’on avait dont on ne se rendait pas forcément compte, explique la jeune femme. C’est ça qui est un peu bizarre : se confiner ensemble avant de savoir tout ça, juste des petites choses du quotidien. » Comme quoi ? « Un fromage, une chanson… », selon William. « On se dit ‘toi aussi tu écoutes ça ? Toi aussi, tu aimes ça ?’ Je pense que la première semaine, c’était ça tous les jours. »

« Au bout d’une semaine, on s’est quand même dit qu’on passait justement trop de temps ensemble, poursuit le jeune homme. On est collés et on en oubliait les autres choses qu’on avait à faire, parce qu’on a quand même des cours. Moi, j’oubliais d’appeler ma famille… On a un peu recadré ça au bout d’une semaine en se disant ‘qu’il ne fallait pas qu’on s’empêche de vivre. »

Les deux étudiants ont donc retrouvé un rythme : cours à distance, courses, visite aux amis du voisinage, avec cette impression d’un démarrage tonitruant. « Quand je compare avec des amis qui sont en couple depuis trois, six mois, on est plus avancés dans notre relation que eux peuvent l’être, assure Léa. Il n’y a plus du tout cette barrière de gêne, de début de relation etc., alors que ça fait trois semaines qu’on est ensemble ! »

« Ça créé une complicité direct. Pour être aussi à l’aise l’un avec l’autre dans une relation ‘sans Covid’, il faut beaucoup plus de temps. »

William et Léa prendront peut-être leur temps après le confinement. Ils n’ont pas l’intention de continuer à vivre ensemble. Mais le plus dur est fait disent-ils : « On sait qu’on peut le faire. »


Léa et William, adeptes du « corona cuffing » – reportage de Jérôme Jadot



francetvinfo

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