Pourquoi le mot « déconfinement » est devenu tabou au gouvernement


Ne dites plus « déconfinement ». Préférez des termes comme « assouplissement », « allègement » ou « adaptation » du confinement. Ce sont en tout cas les expressions utilisées par les membres du gouvernement qui redoublent de prudence et de nuances face à l’évolution de la situation sanitaire.

Couvre-feu, attestations… A quoi va ressembler le déconfinement « par paliers » ?

Ces précautions oratoires se multiplient pour ne pas donner l’impression aux Français que la crise sanitaire se termine et pour les préparer à vivre avec des restrictions sur le temps long.

« Il faut tuer ce mot »

En amont de la prise de parole d’Emmanuel Macron la semaine prochaine, ses plus proches collaborateurs l’incitent à ne pas parler de déconfinement. « Ça ne sera pas un déconfinement, il faut tuer ce mot », a confié l’un d’entre eux auprès du « Parisien ».« Il n’y a pas le choix, il faut reconfiner » : histoire secrète d’une décision dont personne ne voulait

Selon ces informations, le président de la République devrait plutôt opter pour un « aménagement des règles en vigueur » ou bien un « retour à une certaine normalité ». Certains conseillers de l’Elysée considèrent que le terme de déconfinement est trop optimiste au regard de la situation sanitaire, comme ils l’ont indiqué au « Figaro ».

« On est loin du déconfinement »

Symptôme de cette vigilance, les ministres rechignent à reprendre le terme de « déconfinement » lorsqu’ils sont invités sur les plateaux télévisés ou lors de leur prise de parole.

La ministre du Travail Elisabeth Borne s’est refusée à employer le mot « déconfinement » sur le plateau de BFMTV jeudi 19 novembre. « L’objectif est de réussir ce nouveau déconfinement ? », l’a questionné Jean-Jacques Bourdin. « C’est vous qui employez le terme », a botté en touche la ministre, qui a défendu « une démarche prudente » pour trouver « la meilleure façon d’assouplir les règles ».

A l’issue du conseil des ministres du mercredi 18 novembre, Gabriel Attal avait employé le terme « déconfinement » mais pour mieux l’invalider. « Nous ne sommes pas du tout au déconfinement, on en est même loin », a-t-il averti. Le porte-parole du gouvernement a préféré parler d’une « adaptation du confinement ».

Obliger les Français à se vacciner contre le Covid ? « Ça pourrait avoir un effet désastreux »

La veille, le Premier ministre Jean Castex avait insisté sur le maintien de « dispositions de freinage » après le confinement. « Mieux la phase actuelle de confinement produira ses effets, plus vite nous pourrons passer à une phase suivante, mais qui ne sera pas un retour à l’ante confinement », avait-il prévenu devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale.





nouvelobs

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