Format Court, deuxième édition ! | Critique Film


Malgré le confinement, les festivals de cinéma n’ont pas encore abandonné la partie. La deuxième édition du Festival Format Court, créé par le site du même nom qui suit avec fidélité le court-métrage depuis plus de dix ans, se déroulera en ligne jusqu’au 22 novembre et non pas au Studio des Ursulines comme l’année dernière ou comme cela aurait du avoir lieu en avril dernier puis en ce mois de novembre, avant la fermeture des salles.

Why Slugs Have No Leg

Le programme inclut une compétition de cinq programmes de cinq films chacun avec notamment l’attachant Sole mio de Maxime Roy sur la relation compliquée entre un fils et son père qui s’apprête à changer de sexe ; Love He Said de Inés Sedan, qui met en images animées Charles Bukowski lisant son poème Love, et saisit avec un style vif son désir inassouvi d’être aimé et compris du monde, et la mélancolie qui en découle, cachée derrière sa mise en scène morbide de son alcoolisme ou encore, pour ne citer que ces trois là, le film suisse d’animation un brin anarchiste Why Slugs Have No Legs de Marie Garcias et Romain Francisco qui voit s’opposer escargots lents qui profitent de la vie et abeilles hyperactives exagérément efficaces. Une satire de notre société avec la distinction entre bons et mauvais élèves, au style graphique original et à l’humour pince sans rires savoureux et mordant.

Le Silence

S’ajoutent à cela quatre séances thématiques avec une sélection de courts-métrages repérés au Festival de Cannes, toutes sections confondues (dont Une Robe d’été, Semaine de la Critique en 1996, qui révéla François Ozon) et des focus consacrés à Lobster Films et son cinéma de patrimoine âprement défendu, avec notamment deux courts signés Alice Guy, la première cinéaste de l’Histoire du cinéma ; à la Nouvelle Vague roumaine et enfin aux cinéastes iraniens Ali Asgari et Farnoosh Samadi, notamment le très beau Le Silence où une jeune réfugiée kurde sert de traductrice entre sa mère et le médecin qui doit lui annoncer un terrible verdict sur sa santé. Une œuvre émouvante, mais sans pathos.

Le palmarès sera déterminé par un jury composé des acteurs Alexis Manenti (Les Misérables) et Sigrid Bouaziz (Personal Shopper), des réalisateurs Benjamin Renner (Ernest et Célestine »), Léa Mysius (Ava) ainsi que de Anne Delseth, programmatrice au Festival d’Angers et à la Quinzaine des Réalisateurs et Bernard Payen, programmateur à la Cinémathèque française. Parmi les prix remis, signalons ceux des Prix d’interprétation féminine et masculine, pas si courants l’air de rien dans bien des festivals. La sélection qu’ils devront juger inclut Fictions, animations, films expérimentaux et documentaires, des films produits et auto-produits, déjà repérés ou plus confidentiels, preuve d’une palette large des programmateurs.

Le festival est à découvrir sur le site Format Court, chaque programme étant disponibles pendant 24 heures en accès libre. Une rencontre physique sera organisée à une date ultérieure avec une diffusion du palmarès de la compétition au Studio des Ursulines en présence des jurys et des équipes primées, des rencontres Zoom sont également prévues. Maïmouna Doucouré, la réalisatrice de Mignonnes, est la marraine de cette deuxième session. L’affiche officielle est signée Agnès Patron, la réalisatrice du très remarqué L’heure de l’ours.



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