Plusieurs milliers de manifestants contre la loi « sécurité globale » et les violences policières


« Loi liberticide ! » : des milliers de manifestants ont protesté mardi dans plusieurs villes contre les violences policières et le texte sur la « sécurité globale » qui prévoit notamment de réprimer pénalement l’usage « malveillant » d’images des forces de l’ordre.

Ces mesures de la proposition de loi « Sécurité globale » qui font polémique

A Paris, de violents incidents ont éclaté entre plusieurs centaines de personnes et les forces de l’ordre à la fin d’un rassemblement près de l’Assemblée nationale pour dénoncer la proposition de loi.

Les policiers ont fait usage de canons à eau et de gaz lacrymogènes pour disperser ces manifestants, parmi lesquels figuraient de nombreux jeunes qui ont détruit du mobilier urbain. « Ça a commencé à péter boulevard Saint-Germain avec un départ de manif sauvage », a témoigné à l’AFP un manifestant. « On a été pris en étau. Il y a eu des départs de feu pris en étau entre flammes et lacrymos, ils ont chargé en ligne on a réussi à partir en levant les mains en l’air ».

Une proposition de loi controversée

Des centaines de personnes s’étaient rassemblées en milieu d’après-midi à l’appel notamment de syndicats de journalistes et associations de défense des droits de l’homme pour protester contre la proposition de loi « sécurité globale » qui empêcherait selon eux les journalistes et citoyens de filmer les forces de l’ordre durant les manifestations.

Faut-il interdire de filmer les policiers ?

Le rassemblement vise l’article 24 de cette proposition de loi portée par LREM et son allié Agir, dont l’examen démarrait mardi.

Cet article controversé prévoit de pénaliser d’un an de prison et 45 000 euros d’amende la diffusion de « l’image du visage ou tout autre élément d’identification » d’un policier ou d’un gendarme en intervention, lorsque celle-ci a pour but de porter « atteinte à son intégrité physique ou psychique ».

Les syndicats de journalistes qui appelaient à ce rassemblement au côté de la Ligue des droits de l’homme, d’Amnesty International et d’autres organisations comme Reporters sans frontières, estiment qu’elle revient de fait à interdire aux journalistes et aux citoyens de filmer les policiers en action et empêcherait, par exemple, de documenter les violences policières.

Des manifestants… et des gilets jaunes

À Lyon, 700 personnes ont participé vers 18 heures à un rassemblement devant la préfecture. À Toulouse, 1 300 manifestants selon la préfecture, dont de nombreux « gilets jaunes » venus pour les deux ans du mouvement, se sont rassemblés dans le centre, dispersés à coups de gaz lacrymogènes au bout d’une heure par les forces de l’ordre.

Flouter les policiers ? « Appartenant à une force publique, ils n’ont pas à dissimuler leurs visages »

« Quand il y a des violences policières caractérisées, le réflexe du gouvernement est de défendre le policier avant même de se pencher sur la légalité de son action », déplore Tristan Benoist, un chercheur de 35 ans.

À Bordeaux, 700 à 800 personnes, dont des « gilets jaunes », se sont rassemblées en soirée près du palais de justice. Des membres de la LDH, outre leurs masques anti-Covid, portaient des baillons noirs sur les yeux.

« Continuez de filmer la police et de diffuser les images », exhorte Antoine Boudinet, élu municipal du groupe Bordeaux en Luttes, qui a eu une main arrachée lors d’une manifestation de « gilets jaunes » en 2018 : « s’il n’y avait pas eu de vidéo, personne n’aurait su ce qui m’était arrivé ».

TRIBUNE. « En marche vers l’invisibilisation des violences policières ? »

À Grenoble, 400 personnes rassemblées contre les violences policières ont été rejointes par une retraite aux flambeaux d’une centaine de « gilets jaunes », une banderole réclamant « moins de sécurité globale, plus de sécurité sociale », une autre affirmant : « vous ne confinerez pas notre colère ».





nouvelobs

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