Test Blu-ray : Passeur d’hommes


Passeur d’hommes

Royaume-Uni : 1979
Titre original : The passage
Réalisation : J. Lee Thompson
Scénario : Bruce Nicolaysen, Stephen Oliver
Acteurs : Anthony Quinn, James Mason, Malcolm McDowell
Éditeur : Sidonis Calysta
Durée : 1h37
Genre : Guerre
Date de sortie cinéma : 15 août 1979
Date de sortie DVD/BR : 3 novembre 2020

La France occupée par le Troisième Reich, deux résistants demandent à un berger, d’escorter le professeur Bergson et sa famille jusqu’en Espagne. Appelé Le Basque, celui-ci accepte cette mission particulièrement périlleuse. Périlleuse parce qu’ils vont devoir franchier les Pyrénées en plein hiver, mais surtout échapper à Von Berkow, un officier SS de la pire espèce, prêt à mettre la région à feu et à sang pour les arrêter…

Le film

[3,5/5]

Le pont de la rivière Kwaï (1957), Les canons de Navarone (1961), Le jour le plus long (1962), La grande évasion (1963), La bataille des Ardennes (1965), L’express du colonel von Ryan (1965), Les douze salopards (1967), Quand les aigles attaquent (1968), La bataille d’Angleterre (1969), Le pont de Remagen (1969), Un château en enfer (1969), De l’or pour les braves (1970), Tora ! Tora ! Tora ! (1970)… La tradition du « grand film de guerre » consacré à la Seconde Guerre mondiale, imposant un casting prestigieux et de gros moyens techniques, a fait les beaux jours du cinéma des années 60.

Pour autant, et même si la guerre contre l’Allemagne nazie n’a duré que six longues et terribles années, cette tradition Hollywoodienne s’est perpétuée bien au-delà des années 70, le cinéma s’étant fait une spécialité de relater les divers incidents et particularités de cette guerre, dans des films tels que L’aigle s’est envolé (1976), Un pont trop loin (1977), L’ouragan vient de Navarone (1978) ou encore ce Passeur d’hommes, sorti en 1979 et réalisé par J. Lee Thompson, metteur en scène dix-sept années plus tôt des Canons de Navarone.

A l’affiche de Passeur d’hommes, on trouvera donc une poignée d’acteurs prestigieux : Anthony Quinn, James Mason et Christopher Lee. Dans le rôle du méchant SS en revanche, on note tout de même une différence entre les films des années 60 et ceux tournés dans la deuxième moitié des années 70 : les acteurs allemands de talent avaient alors d’autres préoccupations, d’autres propos à défendre et refusaient de se voir éternellement cantonnés aux rôles de méchants nazis. Les cinéastes anglo-saxons en étaient de ce fait réduits à faire appel à des comédiens non allemands.

C’est donc l’ex-droug d’Orange mécanique, Malcolm McDowell, qui incarnera le capitaine SS de service, poursuivant de sa haine, et par delà les Pyrénées, un savant et sa famille. Vingt ans avant Le pacte des loups, quarante ans avant Anya, les Pyrénées n’étaient pas encore forcément très bien représentées d’un point de vue cinématographique, l’odyssée de ces hommes et femmes traqués à travers l’immensité glacée de cette chaîne montagneuse ne manque vraiment ni d’ambition formelle, ni de lyrisme. Passeur d’hommes est donc un film de guerre plen de panache, avec de nombreuses scènes spectaculaires (notamment une avalanche), des cascades et des fusillades très solidement exécutées.

En revanche, il n’en est pas de même concernant la psychologie des personnages, Passeur d’hommes ne parvenant jamais réellement à éviter pas les poncifs du genre. On pense notamment au capitaine SS sadique et dément, incarné par un McDowell plein de fièvre. Ses agissements relèvent en effet presque davantage de la parodie que d’une attitude révélatrice de ce contexte historique trouble : on pense notamment à cette scène durant laquelle il exhibe avec satisfaction son slip frappé d’une croix gammée, qui incitera aujourd’hui bien plus à sourire qu’autre chose…

Le Blu-ray

[4/5]

Passeur d’hommes débarque donc ce mois-ci au format Blu-ray sous les couleurs de Sidonis Calysta, et s’offre une galette Haute Définition tout à fait recommandable. Le film a en effet été restauré, et si l’on excepte quelques plans malheureux, l’ensemble affiche une belle propreté, un grain globalement préservé, un piqué accru et des couleurs et des noirs très intenses et soignés. Côté son, le film de J. Lee Thompson nous est proposé dans deux mixages (VF / VO) en DTS HD Master Audio 2.0, qui s’avèrent assez bien équilibrées, détachant soigneusement les dialogues, la musique et les bruitages. La VF d’époque sonne néanmoins un poil plus étouffée que sa consœur dans la langue de Shakespeare.

Du côté des suppléments, on trouvera tout d’abord un documentaire sur Anthony Quinn (58 minutes), réalisé par Gene Feldman en 1990, et donnant à voir des interventions de – entre autres – Marlon Brando, Kevin Costner, Douglas Fairbanks, Federico Fellini, Rita Hayworth, Stanley Kramer ou encore Gina Lollobrigida. On continuera ensuite bien sûr avec une présentation du film par Patrick Brion (7 minutes). Ce dernier reviendra sur la carrière de Jack Lee Thompson, un cinéaste « diversement inspiré » capable du meilleur comme du pire, ainsi que sur les acteurs du film, sans réellement jamais aborder le film en tant que tel. On terminera enfin avec la traditionnelle bande-annonce.



Critique film

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