un coup de massue pour toute la ville de Béthune



A Béthune (Pas-de-Calais) la page Bridgestone s’est définitivement tournée jeudi 12 novembre. C’est la ministre de l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher, en déplacement sur place, qui l’a annoncé à l’issue d’une réunion de négociations express qui a duré moins de cinq minutes. Le géant japonais du pneu a « fermé la porte » au scénario alternatif de reprise proposé par l’État. Un coup de massue pour les salariés et la région.

Devant les grilles de l’usine, peu après l’annonce, pas de manifestants. Pas de banderoles non plus. Seulement quelques soutiens au salariés depuis la route, des coups de klaxons. Dans l’usine, les employés sont au travail derrière les chaînes de fabrication, malgré la nouvelle. « Dans quelques mois, il n’y aura plus rien et on va se retrouver sans boulot« , explique l’un d’eux. Un de ses collègues d’ajouter : « On est en colère, très tristes ! »

Maximilien a rejoint les équipes depuis plus d’un an et demi, « Au-delà de notre avis à nous, de notre besoin de travailler et de gagner de l’argent, il y a des choses qui entrent en jeu et qui dépassent nos petits boulots apparemment. »

On subit et puis c’est tout.

Maximilien, salarié de Bridgestone

à franceinfo

D’autres sont plus résignés. Ils s’y attendaient depuis des semaines, explique Patrice. Il a passé toute une partie de sa vie à travailler pour le géant japonais du pneu. « Ça tourne au ralenti, alors ça ferme. Plus personne n’a de bras, plus personne n’a envie de travailler ni d’engraisser Bridgestone. On ne veut pas partir sans rien dans les poches. »

Dans l’entreprise de l’autre coté de la route, Richard pense d’abord à toutes les familles de salariés de l’usine. « On connaît certaines personnes. Ça ne va pas être facile pour tout le monde je pense. Je leur souhaite bon courage surtout. Il y en a peut-être qui seront replacés à droite à gauche, mais quand on déménage il y a la route à faire, les enfants au lycée, au collège. »

Dans le centre-ville, l’annonce de la fermeture s’est répandue comme une traînée de poudre. Au bureau de tabac Le Khedive, le gérant Paul ne comprend pas. il s’inquiète pour ses clients qui travaillent là-bas, mais aussi pour son commerce. « J’ai plein de clients qui travaillent chez Bridgestone », explique-t-il. 

Il y en a pas mal qui viennent d’acheter une maison, je ne sais pas comment ils vont s’en sortir.

Paul, gérant d’un bar-tabac à Béthune

à franceinfo

En attendant, le bras de fer va continuer. Bridgestone assure dans un communiqué avoir déjà identifié dix opportunités dont quatre projets bien définis. Trop flou encore pour l’intersyndicale du site nordiste.



FranceTVinfo

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