Darmanin assure qu’il sera toujours autorisé de filmer les forces de l’ordre


Gérald Darmanin tente de clarifier l’une des mesures les plus controversées de la proposition de loi sur la sécurité globale portée par la majorité : la pénalisation de l’usage « malveillant » d’images de forces de l’ordre. Le ministre de l’Intérieur a précisé ce vendredi 13 novembre au matin au micro de Franceinfo que les citoyens auront toujours « le droit » de filmer les forces de l’ordre. C’est au niveau de la diffusion des images qu’il faudra être vigilant : les visages des policiers devront être floutés, même si le texte de loi n’aborde pas explicitement ce « floutage » des visages des forces de l’ordre.

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« Si vous voyez un problème qui relève du Code pénal, vous aurez le droit de le filmer et de le transmettre au procureur de la République qui est le seul à faire les poursuites. […] Si vous voulez le diffuser sur internet de façon sauvage, vous devrez faire flouter les visages des policiers et des gendarmes », a-t-il affirmé sur Franceinfo.

Gérald Darmanin a insisté longuement sur le but de ce texte de loi, à savoir protéger les policiers d’éventuelles menaces. « Je dois protéger ceux qui nous protègent », a-t-il martelé. « Le problème, c’est de mettre en ligne le visage, les interventions en direct » des forces de l’ordre.

Cette disposition figure à l’article 24 du texte sur la « sécurité globale » porté par les deux députés LREM Jean-Michel Fauvergue et Alice Thourot, et qui sera débattu à l’Assemblée nationale à partir du 17 novembre. Cet article vise à « prohiber l’usage malveillant » de l’image « ou tout autre élément d’identification » des policiers et gendarmes en intervention, sous peine d’un an de prison et 45 000 euros d’amende.

Les journalistes autorisés à filmer

« Les journalistes pourront toujours évidemment filmer toute intervention de police. Vous pourrez toujours dénoncer, bien évidemment. C’est même inscrit comme tel », a assuré le ministre de l’Interieur sur Franceinfo. Un pas vers les journalistes qui craignent une atteinte à la liberté de la presse.

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Les principaux syndicats de journalistes et la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) avaient dénoncé la proposition de loi LREM-Agir sur la « sécurité globale » qui, en pénalisant l’usage « malveillant » d’images des forces de l’ordre, vise selon eux à « restreindre la liberté de la presse ».

Le texte entend notamment « interdire la diffusion, par tous moyens, de l’image d’un policier, d’un gendarme ou d’un militaire en opération, dans le but de porter atteinte à leur intégrité physique ou psychique », rappelle dans un communiqué l’intersyndicale SNJ, SNJ-CGT, CFDT-Journalistes, SGJ-FO, aux côtés de la LDH et des fédérations internationale et européenne de journalistes. Ce « nouveau délit […] a pour objectif réel de restreindre le droit des journalistes et la liberté de la presse de manière disproportionnée par rapport à la réalité de la menace », assuraient ces organisations.

Ce texte controversé est censé consolider les polices municipales et le secteur de la sécurité privée, mais aussi protéger davantage les forces de l’ordre, victimes d’une série d’agressions. Les débats débuteront le 17 novembre dans l’hémicycle.





nouvelobs

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