Mélenchon passe le cap des 150 000 « signatures de parrainage » et sera candidat à la présidentielle


Il aura mis quatre jours à atteindre son objectif : le chef de file de La France Insoumise Jean-Luc Mélenchon a dépassé les 150 000 « signatures de parrainage » ce jeudi 12 novembre. Une condition qu’il avait lui-même fixée, dimanche dernier, en « proposant » alors sa candidature pour la présidentielle en 2022, sous réserve d’obtenir lesdites signatures pour une « investiture populaire ».

Pourquoi Mélenchon a décidé de passer par 150 000 parrainages citoyens

Un chiffre jugé particulièrement modeste par ses détracteurs, d’autant plus que les noms, prénoms et adresses mail suffisent pour devenir parrain : aucune preuve de son identité n’est nécessaire.

Le chiffre de 150 000 « n’a pas été pris au hasard », expliquait le député Éric Coquerel mardi au micro de RFI : il s’inspire du « rapport Jospin qui proposait une alternative » au système des 500 parrainages d’élus. La Commission Jospin préconisait en effet « un parrainage citoyen » avec « au moins » 150 000 signatures, devant émaner d’au moins 50 départements avec un maximum de 5 % des parrainages par département. Le contrôle serait confié aux préfectures. Une proposition de loi a été déposée en ce sens par LFI, a rappelé le député de Seine-Saint-Denis.

La gauche entre circonspection et hostilité

Le timing de cette candidature, 18 mois avant la présidentielle de 2022 et en pleine deuxième vague de Covid-19, a également suscité de vives réactions dans la sphère politique.

Aspirer les Verts, surveiller Montebourg, rassurer les laïques… Les 12 travaux du candidat Mélenchon pour 2022

Dans la majorité présidentielle, l’annonce de Jean-Luc Mélenchon avait été critiquée par le patron des députés LREM Christophe Castaner : « Pendant que nous nous consacrons à la protection des Français, Jean-Luc Mélenchon se consacre à sa carrière […] Chacun son sens des priorités… », a-t-il tweeté dimanche soir.

La déclaration de candidature de Jean-Luc Mélenchon avait été accueillie avec froideur, voire hostilité, par les autres partis de gauche, qui ambitionnent d’opposer un concurrent au chef des Insoumis.

Fabien Roussel, patron des communistes qui avaient soutenu le tribun lors de ses campagnes de 2012 et 2017, a fait part de son étonnement sur Twitter.

Les écologistes avaient ignoré l’annonce en n’y consacrant aucun tweet, ni aucune des interventions de leur visioconférence de presse lundi dernier. Finalement interrogé par les journalistes, le secrétaire national Julien Bayou a lâché : « En juin, Jean-Luc Mélenchon expliquait qu’il n’avait jamais cessé d’être candidat, ce n’est pas sa déclaration qui change quoi que ce soit à la situation et aux rapports de force ».

Le porte-parole Alain Coulombel, pourtant de l’aile gauche des écologistes, s’est pour sa part franchement agacé : « Dans la situation qui est la nôtre de crise sanitaire et sociale de grande ampleur, franchement l’opinion publique n’en est pas à s’interroger sur qui va être candidat à la présidentielle… en 2022 ! »

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, estimait lundi sur LCI qu’Emmanuel Macron a dû « s’ouvrir une bonne bouteille » dimanche soir en entendant cette annonce, et fustigé une « ambition égoïste ».





nouvelobs

A lire aussi

Laisser un commentaire