Décaler les régionales ? Cette fois, Larcher donne son blanc-seing pour un report en juin 2021


Cette fois-ci, Gérard Larcher a décidé d’anticiper une éventuelle polémique. Il vaut mieux éviter le coup de fil du président de la République la veille d’un scrutin et la confusion qui s’en suit, comme ce fut le cas lors du 1er tour des municipales, en mars dernier, quand Le président (LR) du Sénat s’était opposé à un report de l’élection et quand Emmanuel Macron n’avait pas encore fait passer le pays au stade 3 de l’épidémie.

Gérard Larcher, l’autre président

Cette fois-ci Gérard Larcher a donné ce mardi 10 novembre son blanc-seing à un report des élections régionales en juin 2021, en plaidant pour une « expression apaisée de la démocratie » dans le contexte de crise sanitaire.

Par ailleurs, le rapport de l’ancien président du Conseil constitutionnel Jean-Louis Debré sur un éventuel report des régionales et départementales, initialement prévues en mars 2021, en raison de l’épidémie de Covid-19 sera remis vendredi matin à Jean Castex.

« Le temps n’est pas aux calculs politiques »

Gérard Larcher, qui a reçu Jean-Louis Debré au Sénat le 28 octobre, estime dans un entretien au « Figaro » qu’« il faut que nous nous préparions à l’éventualité de voter en vivant avec le virus ». « Même si le respect des dates est préférable en démocratie, je ne suis pas opposé à un report du scrutin à la fin du printemps pour des raisons sanitaires », ajoute-t-il.

« Il n’y a pas le choix, il faut reconfiner » : histoire secrète d’une décision dont personne ne voulait

Il souligne toutefois avoir « dit au président de la République et au Premier ministre » que cela doit être fait « sans arrière-pensée » :

« Le temps n’est pas aux calculs politiques, mais à l’expression apaisée de la démocratie dans un univers sanitaire, économique et social compliqué ».

Pour un scrutin avant l’été, « il faut créer les conditions de l’apaisement », poursuit-il : « il faut sécuriser le vote, étudier la possibilité de doubles procurations, travailler sur le vote par correspondance et l’organisation matérielle des scrutins ». Il appelle aussi à « réfléchir aux conditions de la campagne électorale qui doit avoir lieu et aux comptes de campagne » – qui pourraient télescoper ceux de la campagne pour la présidentielle.

« La stratégie vaccinale du printemps »

Le président du Sénat, qui critique de nouveau « la gestion erratique de la première vague et l’impréparation du déconfinement » par le gouvernement, considère que « si on constate que les choses ne s’améliorent pas, il faudra prendre de nouvelles mesures » pour tenter de freiner l’épidémie, et juge qu’« on ne pourrait pas confiner les seniors sans en débattre devant le Parlement car c’est une discrimination ».

Cette journée où Macron a failli annuler les élections municipales

Il appelle surtout à « commencer dès maintenant à préparer le déconfinement ainsi que la stratégie vaccinale du printemps » avec les élus locaux.

Le gouvernement doit aussi « associer le Parlement » davantage, dit-il, s’offusquant que depuis mars les parlementaires aient été consultés « quatre fois sur l’état d’urgence sanitaire » mais « qu’on nous impose pour les six mois suivants de ne plus nous consulter ! », alors que « l’état d’urgence, c’est une atteinte très forte aux libertés ».





nouvelobs

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