C’est mon boulot. Encore trop peu de femmes parmi les cadres dirigeants


Elisabeth Borne, la ministre du Travail, le 14 octobre 2020. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Que les gros salaires lèvent le doigt. Et ce sont souvent des hommes. Ainsi, 37% des entreprises comptent toujours moins de deux femmes parmi les dix plus hautes rémunérations. Un autre chiffre : les femmes ne sont que 20% au sein des comités exécutifs. Mais ça pourrait changer. La ministre du Travail va engager une concertation avec les partenaires sociaux. Elisabeth Borne veut ajouter un nouvel indicateur pour évaluer la mixité dans les entreprises. Il s’agira de la part des femmes parmi les cadres dirigeants.

Pourtant, d’autres indicateurs existent déjà. Ils sont au nombre de cinq et ils définissent l’index d’égalité salariale. Une note sur 100 qui est désormais publique. Non seulement les entreprises doivent la mentionner sur leur site – elle ne saute pas toujours aux yeux, il faut parfois la chercher – mais le ministère du Travail la mentionne sur son propre site, mais là encore il faut fouiller. Cette publication, qui peut servir ou desservir la réputation d’une entreprise, est en marche depuis le mois de mars dernier pour les plus grandes sociétés, celles de plus de 1 000 salariés. À partir du mois de mars prochain, elle sera obligatoire pour celles entre 50 et 250 salariés. En dessous, pas d’obligation.

Cette publication a-t-elle eu un effet ? Probablement. C’est le principe du « name and shame », c’est à dire « nommer pour faire honte ». Les entreprises qui ont de mauvaises notes n’ont pas envie que ça se sache et cherchent à rectifier le tir. Le ministère souligne que 19% des entreprises n’avaient pas la note minimale de 75 sur 100 en 2019 et qu’elles ne sont plus que 4% en 2020.

Mais est-ce qu’on ne peut pas aller plus loin ? Il le faudra quand on voit les chiffres de l’inégalité salariale. Selon le mouvement Les Glorieuses, il reste 15,5% d’écart entre les hommes et les femmes, à poste égal. Au rythme actuel, on ne serait à l’égalité… que dans 100 ans. Outre ce nouveau critère qui porte sur la part des femmes dirigeantes, une proposition originale a été formulée. C’est celle de Delphine Rémy-Boutang, fondatrice notamment de l’agence The Bureau et de la Journée de la femme digitale, qui se bat pour une plus grande présence des femmes dans les métiers du numérique. Elle plaide pour un allégement fiscal pour les entreprises qui obtiennent la meilleure note de l’index, un 100 sur 100 et pour celles qui respectent un quota de 50% de femmes au sein de leur conseil d’administration. Une récompense plutôt qu’un coup de bâton.



FranceTVinfo

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