Centres commerciaux Unibail: les opposants à la direction remportent la bataille d’actionnaires



Le géant des centres commerciaux Unibail-Rodamco-Westfield (URW) a perdu mardi la bataille d’actionnaires qui l’opposait à un consortium mené par un de ses anciens patrons, Léon Bressler, et par l’entrepreneur Xavier Niel: ils ont réussi à bloquer l’augmentation de capital prévue par la direction et vont entrer au conseil de surveillance.

Avant même la tenue mardi à 09H00 d’une assemblée générale d’actionnaires, le géant a annoncé dans un communiqué n’avoir pas obtenu les votes nécessaires pour entériner sa proposition d’une augmentation de capital de 3,5 milliards d’euros, visant à redresser sa situation financière affectée par la crise sanitaire.

Plombé par les confinements et les fermetures de commerces pour tenter de freiner la pandémie, le groupe a subi une perte nette de 5,45 milliards d’euros sur les neuf premiers mois de l’année 2020.

La direction ayant invité les actionnaires à voter par correspondance en amont de l’AG, le scrutin a ainsi été « clos le 9 novembre à 15H00 ».

Mardi matin, le président du directoire Christophe Cuvillier a expliqué dans un communiqué que sa résolution concernant l’augmentation de capital n’avait « pas recueilli les deux tiers des votes requis »: l’opération n’a ainsi reçu l’aval que de 61,62% des actionnaires, contre les 66% nécessaires pour l’entériner.

Unibail-Rodamco-Westfield a également annoncé l’entrée au conseil de surveillance de trois nouveaux membres, Léon Bressler, Xavier Niel et la femme d’affaires catalane Susana Gallardo, à la tête d’un consortium d’actionnaires minoritaires qui étaient sortis du bois le 15 octobre, jugeant « désastreuse » la stratégie de la direction en place.

Xavier Niel, entrepreneur aux multiples casquettes qui a notamment fondé Iliad, la maison mère de l’opérateur Free, et Léon Bressler, ancien PDG de 1992 à 2006 de la foncière, appelaient depuis des semaines les actionnaires à se prononcer contre l’augmentation de capital.

Détenant à eux deux un peu plus de 5% du capital, les deux hommes pointent notamment du doigt le rachat en juin 2019 du géant anglo-saxon Westfield pour plus de 20 milliards d’euros, qui a endetté la foncière, et réclament la cession des centres acquis aux Etats-Unis à cette occasion.

« Si la critique est bienvenue », l’opération menée par les opposants contre la direction « n’est pas ma conception du dialogue actionnarial », a déploré Christophe Cuvillier mardi en ouvrant l’assemblée générale des actionnaires. Il a affirmé qu’il allait tout mettre en oeuvre pour « faire face aux vents contraires ».

Il a également souligné que les votes des actionnaires ne sont « pas une validation du plan des activistes, c’est une incitation à ne pas faire l’augmentation de capital mais également à continuer à travailler en toute sérénité ».

Suite à cette annonce, l’action URW s’est envolée à la Bourse de Paris et prenait plus de 32% mardi vers 10H45.



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