Donald Trump pourrait-il ne jamais reconnaître sa défaite ?


Deux jours après l’annonce de la victoire de Joe Biden à l’élection présidentielle américaine, Donald Trump n’en démord pas : il ne reconnaît pas sa défaite. S’il a pour l’instant engagé plusieurs recours judiciaires dans l’espoir de faire basculer le résultat en sa faveur, ceux-ci n’ont que peu de chances d’aboutir. Pourtant, la Constitution américaine est claire : le 20 janvier, un nouveau président est investi : jusqu’où Donald Trump pourra-t-il résister ?

Jusqu’où peut aller la bataille judiciaire que Trump engage ?

Pour de nombreux observateurs, l’espoir que le président place dans ces recours est mince, Joe Biden disposant d’une avance confortable dans plusieurs Etats décisifs. S’ils échouent à le faire réélire, Donald Trump n’aura sans doute plus d’autre choix que d’admettre sa défaite. Mais s’il ne le fait pas ?

« Le processus de transition est automatisé », explique l’ancien spécialiste du contre-terrorisme et du renseignement de la Navy, Malcolm Nance, auprès du magazine américain Newsweek. « S’il n’a pas de place désignée [après le 20 janvier], on la décidera à sa place. En fait, les éléments systématisés se feront, qu’il soit un participant coopératif ou non. »

Le sortant perd toute autorité le 20 janvier

Dans l’histoire américaine moderne, jamais un candidat perdant n’a refusé de « concéder » la victoire à son adversaire. Jamais non plus, un président sortant n’a entravé l’entrée à la Maison-Blanche de son successeur. Trump pourrait-il refuser de quitter le bureau Ovale ? Rien ne l’indique pour l’instant, mais « Newsweek » rappelle que la Constitution américaine permet de s’assurer d’une passation de pouvoir sans encombre.

Ainsi, selon le 20e amendement, le président sortant perd toute autorité à compter du 20 janvier à midi. A partir de là, il n’a plus le contrôle ni des services secrets, ni de l’armée, qui ne pourront plus obéir à ses ordres.

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Et ces services secrets chargés de le protéger pendant quatre ans pourraient se retourner contre lui s’il le faut. « Les services secrets pourraient l’escorter hors de la Maison-Blanche et le traiteraient comme n’importe quel vieil homme qui se serait aventuré sur la propriété », confie au média un ancien responsable chargé de la transition entre Barack Obama et Donald Trump en 2016.

Pas contraint d’accueillir Biden

Ira-t-on jusqu’à l’évincement de Donald Trump de la Maison-Blanche ? Le milliardaire a habitué le monde pendant quatre ans à son caractère hors norme. Mais selon le « New York Times », même dans son entourage, on doute que le président barrera la route à Joe Biden le moment venu. Ses collaborateurs pensent par ailleurs que ses proches finiront par le convaincre de dire au peuple américain qu’il accepte leur décision.

Reste à savoir si Donald Trump respectera quelques traditions, comme accueillir le président élu à la Maison-Blanche, ou assister à son investiture. Là aussi, qu’importe : Joe Biden deviendra le 46e président des Etats-Unis quelles que soient ses décisions.





nouvelobs

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