Le Maire refuse de faire d’Amazon un « bouc émissaire »



Le gouvernement français comprend « la détresse et la colère » des commerçants et entend les autoriser à rouvrir leur activités dès que la situation sanitaire le permettra, déclare Bruno Le Maire dans une interview au Journal du dimanche.

« La détresse et la colère des commerçants est réelle, et nous la comprenons. Certains viennent de constituer leurs stocks avant Noël, leurs trésoreries sont à sec et ils ferment pour la deuxième fois en six mois. C’est un choc », reconnaît le ministre de l’Economie et des Finances. « Les commerçants doivent savoir que nous serons à leurs côtés tant que la crise durera », ajoute-t-il.

Bruno Le Maire a reçu cette semaine une quinzaine de fédérations de commerçants, dont certains font la moitié de leur chiffre d’affaires sur les mois de novembre et décembre. « Notre objectif, poursuit-il dans le JDD, est évidemment de leur permettre de rouvrir dès que la situation sanitaire le permettra. Cela ne pourra cependant s’envisager qu’avec de nouvelles règles sanitaires. » Parmi les pistes évoquées pour permettre la réouverture: le renfort de la jauge d’accueil aujourd’hui de 4 mètres carrés par client ou encore l’accès au commerce sur rendez-vous.

Concernant la concurrence de la vente en ligne, le ministre refuse de faire d’Amazon un « bouc émissaire », alors que quatre fédération de commerçant demandent ce dimanche l’interdiction du black friday. Bruno Le Maire veut plutôt rattraper le retard des commerces français en termes de numérisation. « Une TPE sur trois est aujourd’hui numérisée, contre deux sur trois en Allemagne. Prendre Amazon comme bouc émissaire n’est pas la solution : cet acteur ne représente que 20 % du commerce en ligne en France! Environ 60% sont réalisés par des entreprises françaises. Taxer l’e-commerce, c’est pénaliser les acteurs français et leurs emplois : Cdiscount, la Fnac-Darty, Leclerc… La bonne solution, c’est d’encourager la numérisation de nos commerces. Et nous le faisons. »

Depuis l’annonce par Emmanuel Macron de la fermeture de tous les commerces de proximité considérés comme non essentiels, de nombreux commerçants, libraires en tête, soutenus par des élus locaux, ont réclamé un assouplissement du confinement et certains ont bravé les interdictions d’ouverture entrées en vigueur le 30 octobre dernier.

(Avec Reuters et le JDD)



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