Carlos Ghosn se confie à « 13h15 le dimanche »



Carlos Ghosn, ancien PDG de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, qui a atteint en 2017 la première place mondiale parmi les constructeurs automobiles, foule le tarmac de l’aéroport de Beyrouth, le 30 décembre 2019, après une évasion rocambolesque du Japon. Il s’est enfui la veille du Japon, caché au fond d’une malle embarquée successsivement dans deux jets privés, après avoir été arrêté en novembre 2016. Le grand patron  passe trois mois en prison, au centre de détention de Tokyo avant d’être placé en résidence surveillée dans l’attente de son procès, suspecté par la justice nippone de malversations financières.

C’est au Liban que l’ex-manager retrouve son épouse Carole, tous les deux sous le coup d’une notice rouge d’Interpol émise par le Japon, c’est-à-dire un mandat d’arrêt international. Carlos Ghosn y a accordé un entretien exclusif au magazine « 13H15 le dimanche » (replay). Alors, qui a tout organisé ? « C’est moi ! Pour réussir un truc comme ça, il faut être seul. Il faut le faire de manière très confidentielle, faire des plans simples. Et comme ils sont simples, ils sont un peu audacieux. Je savais que je prenais des risques, mais qu’avais-je franchement à perdre ? Vous ne pouvez pas prendre des décisions comme ça sans risques. »

« Je parle pour les dizaines de milliers de personnes qui subissent ce sort au Japon »

« Je savais quels étaient les risques mais j’étais prêt à les courir parce que j’avais soif de liberté, de pouvoir parler, de justice », poursuit le fugitif international qui n’attend rien de l’Etat français : « Ce que j’attends, c’est la justice, c’est tout. Je ne demande rien. Juste la justice. Je demande qu’on m’assure les moyens d’une justice. La raison pour laquelle j’ai quitté le Japon, c’est que je pense qu’il y avait un déni de justice. Ce que je demande au Liban, à la France, au Brésil, en tant que citoyen de ces trois pays, c’est juste la justice. Je ne demande pas d’être au-dessus des lois, mais je ne demande pas d’être au-dessous des lois non plus. »

Ne croit-il plus en la justice du Japon, un pays démocratique ?  « Vous pensez ?!… Je ne pense pas qu’il y ait de véritable démocratie s’il n’y a pas une justice. Je ne parle pas uniquement pour moi car j’ai quitté le pays, et j’espère ne plus jamais me retrouver dans des situations de ce type, mais je parle pour les dizaines de milliers de personnes qui subissent ce sort au Japon sans que personne en parle. Ceux qui n’ont pas le privilège d’avoir la voix et les moyens que j’ai, et j’en suis tout  à fait conscient car j’en ai bénéficié, mais il y en a plein d’autres qui n’en bénéficient pas. Ça, c’est une cause que je n’oublierai pas. »

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