La perte de PIB sera durable et impossible à rattraper


En 2022, le niveau du produit intérieur brut (PIB) sera inférieur de 4,4 points à ce qu’il aurait dû être sans l’épidémie de Covid-19, selon les prévisions du gouvernement. En d’autres termes, les Français auront perdu des revenus escomptés à cause de la pandémie. Cette estimation optimiste, surtout depuis la décision de reconfiner le pays, n’en reflète pas moins un choc inédit pour l’économie.

Chaque récession détruit de la croissance potentielle. La France en avait déjà perdu après la crise des subprimes en 2007-2008. Cette année, celle du Covid-19 a fait de même. Une perte irréversible.

Qui de l’Etat, des entreprises ou des ménages, payera les pots cassés d’une crise bien plus grave que celle des subprimes? Pour l’Etat, la situation en 2022 sera différente de celle de 2020.

Cette année, le déficit du niveau du PIB, chiffré à 11,3 points (par rapport à une croissance sans Covid), est dû à l’arrêt de la production pendant le premier confinement, puis par sa faible reprise. En 2022, le déficit du niveau du PIB s’expliquera par le fait que les ménages et les entreprises auront accumulé moins de capital, et que la demande et la consommation auront baissé. Pendant la crise des subprim…

ut (PIB) sera inférieur de 4,4 points à ce qu’il aurait dû être sans l’épidémie de Covid-19, selon les prévisions du gouvernement. En d’autres termes, les Français auront perdu des revenus escomptés à cause de la pandémie. Cette estimation optimiste, surtout depuis la décision de reconfiner le pays, n’en reflète pas moins un choc inédit pour l’économie.

Chaque récession détruit de la croissance potentielle. La France en avait déjà perdu après la crise des subprimes en 2007-2008. Cette année, celle du Covid-19 a fait de même. Une perte irréversible.

Qui de l’Etat, des entreprises ou des ménages, payera les pots cassés d’une crise bien plus grave que celle des subprimes? Pour l’Etat, la situation en 2022 sera différente de celle de 2020.

Cette année, le déficit du niveau du PIB, chiffré à 11,3 points (par rapport à une croissance sans Covid), est dû à l’arrêt de la production pendant le premier confinement, puis par sa faible reprise. En 2022, le déficit du niveau du PIB s’expliquera par le fait que les ménages et les entreprises auront accumulé moins de capital, et que la demande et la consommation auront baissé. Pendant la crise des subprimes, en 2007-2008, l’Etat avait amorti le choc en augmentant son déficit public, passant de 3,3% en 2008 à 7,2% en 2009 puis en le réduisant progressivement jusqu’à son niveau d’avant-crise, atteint en 2017. Seulement, en 2020, l’Etat ne peut durablement s’endetter autant au regard de ses partenaires européens.

Coût supporté par les entreprises et les ménages

Emmanuel Macron a promis que la France reviendrait à un déficit public de 3% du PIB en 2025. Comme l’Etat n’amortira pas directement la chute du niveau de l’activité – indépendamment des effets du plan de relance sur l’économie, déjà intégrés dans ses estimations -, le coût en sera donc finalement supporté par les entreprises et les ménages.

Lire aussiLes ménages, grands perdants de la crise de la Covid-19

De leur côté, les entreprises ont prouvé pendant la crise des subprimes qu’elles restauraient très rapidement leur profitabilité. En 2010, les profits des entreprises avant dividendes avaient retrouvé leur niveau de 2007 (13% du PIB, selon l’Insee). Cette caractéristique indique qu’elles ne supporteront pas durablement le contrecoup des 4,4 points de PIB disparus. Ce seront donc les ménages et les salariés qui en subiront tous les effets, via une augmentation massive du chômage.

A la lumière de la crise des subprimes, le chômage structurel pourrait passer de 7% aujourd’hui à 11% en 2022.

Autre conséquence probable : les salariés devront certainement subir une modération des salaires, voire un gel, ainsi que des destructions d’emploi.

 

 



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