À voir sur Netflix : Bob l’éponge, le film – Éponge en eaux troubles


Bob l’éponge, le film – Éponge en eaux troubles

États-Unis : 2020
Titre original : The SpongeBob movie – Sponge on the run
Réalisation : Tim Hill
Scénario : Tim Hill, Jonathan Aibel, Gleen Berger, Mickael Kvamme
Acteurs (VO) : Tom Kenny, Bill Fagerbakke, Rodger Bumpass
Distributeur : Netflix France
Durée : 1h33
Genre : Animation, Comédie
Date de sortie : 5 novembre 2020

Quand son meilleur ami Gary est kidnappé, Bob l’éponge entraîne Patrick dans une folle aventure loin de Bikini Bottom pour sauver leur compagnon à coquille rose…

L’éponge débarque sur Netflix

Cela fait plus de vingt ans qu’il vit dans un ananas dans la mer : Bob l’éponge (carrée) revient donc cette année sur le grand écran dans son troisième film de cinéma, Bob l’éponge, le film : Éponge en eaux troubles. Originellement prévu pour une sortie en mai dans les salles obscures, le film a finalement débarqué uniquement en VOD aux États-Unis en raison de la pandémie de Covid-19, et sera disponible sur le service de streaming CBS All Access en 2021.

Dans le reste du monde (à l’exception donc des États-Unis, mais également du Canada et de la Chine), on a largement pu remarquer en 2020 que COVID était quasiment devenu une anagramme de SVOD, le film sera donc distribué par le géant Netflix. Au final, la vente des droits du film à CBS All Access et à Netflix a tout de même permis à Paramount Pictures de rembourser le budget de Bob l’éponge, le film : Éponge en eaux troubles, qui se montait tout de même à la coquette somme de 60 millions de dollars.

Visuellement superbe

Car une chose est sure, c’est que Bob l’éponge, le film : Éponge en eaux troubles s’impose comme un film d’animation de toute beauté, bénéficiant de décors magnifiques, d’un design des personnages extrêmement soigné et d’une animation littéralement somptueuse. Un véritable feu d’artifice de couleurs et de visuels stylisés, rompant clairement avec l’animation traditionnelle du show d’origine, mais qui ravira à coup sûr les amoureux de l’esprit ô combien décalé de la série créée en 1999 par Stephen Hillenburg.

Bob l’éponge, le film : Éponge en eaux troubles est d’ailleurs en quelque sorte le film de l’héritage, dans le sens où il s’agit du premier film dérivé de la série Bob l’éponge n’ayant pas été tourné du vivant de Stephen Hillenburg, décédé en 2018 de la maladie de Charcot – le film est d’ailleurs chaleureusement dédié à sa mémoire. Mais la tristesse ou la nostalgie ne sont pas pour autant au programme du film réalisé par Tim Hill (ancien scénariste de la série) qui, comme les deux précédents opus, s’avère avant tout un gros délire désopilant et familial, s’adressant tout autant aux adultes qu’aux ados ou aux enfants.

Dans la lignée des deux films précédents

En l’espace de quelques minutes de film, on aura d’ailleurs tôt fait de déterminer que la volonté de Tim Hill et son équipe n’est en aucun cas de révolutionner ou de renouveler le show d’origine, mais bien d’avantage d’en proposer un prolongement, un épisode « longue durée » dont le schéma narratif sera calqué, comme les deux films précédents, sur le modèle du road movie décalé, s’amusant des codes du genre en les détournant de la façon la plus hilarante qui soit.

Ainsi, et encore une fois exactement comme dans le cas des deux longs-métrages l’ayant précédé, Bob l’éponge, le film : Éponge en eaux troubles mettra un certain temps avant de trouver son « rythme de croisière » comique, les séquences introductives étant en effet uniquement présentes afin de permettre aux éventuels spectateurs n’ayant jamais vu un épisode de la série de se familiariser avec l’univers coloré et ingénu de Bikini Bottom et des personnages principaux (Bob et Patrick essentiellement).

Toujours aussi décalé

Pour autant, une fois Bob et Patrick partis à la recherche de Gary, Bob l’éponge, le film : Éponge en eaux troubles passera indéniablement la seconde, enchaînant dès lors les gags les plus absurdes et les situations les plus surréalistes, le tout sur fond de trouvailles visuelles et humoristiques constantes. L’incontournable passage en « live », mettant en scène Danny Trejo, Snoop Dogg et les « cowboys pirates zombies mangeurs de cerveaux », vaut donc son pesant de cacahuètes, tout autant que le personnage de Soage, incarné par Keanu Reeves – ou du moins par sa tête, incrustée dans un virevoltant se déplaçant à sa guise (vous savez, un tumbleweed, ces broussailles poussées par le vent dans les westerns de Sergio Leone).

La distribution vocale de la série a bien entendu répondu présent, en VO comme en VF, même si bien sûr il s’agira chez nous des « deuxièmes voix » de certains personnages – Patrick n’est par exemple plus doublé par Érik Colin, décédé en 2013, mais par Boris Rehlinger. Dans le même ordre d’idées, depuis 2010, Carlo n’est plus doublé par Henri Courseaux mais par Michel Mella, et Sandy n’est plus doublée par Michèle Lituac mais par Hélène Chanson.

Origines multiples

En revanche, les amoureux du show pourront éventuellement tiquer devant les « nouvelles » origines des personnages que nous propose de découvrir Bob l’éponge, le film : Éponge en eaux troubles, qui s’avèrent différentes de celles déjà évoquées au cours des multiples saisons de la série. Si cela n’a rien de spécialement choquant au cœur de l’univers absurde de la série Bob l’éponge, on apprendra néanmoins ici dans une amusante séquence de « procès » enchaînant les flashbacks que Bob, Patrick, Carlo et Sandy se sont rencontrés au « Camp Coral »… qui fera l’objet d’une série animée en 2021.

Le côté « promotionnel » de cette séquence destinée à poser les bases de la série n’est même pas réellement déguisé, dans le sens où les personnages comme le spectateur s’en amusent ouvertement. Néanmoins, et à moins que l’on ait loupé un épisode-clé ou qu’une référence nous ait échappé au cœur des treize saisons du show TV, il s’agit de la première fois depuis les débuts de la série que d’autres origines sont prêtées aux personnages de Bob l’éponge, qui rejoignent donc le club très fermé des « personnages aux origines multiples », comme les super-héros de Marvel ou les Simpson par exemple.

Joyeux n’importe-quoi plein d’humour et de bonne humeur, Bob l’éponge, le film : Éponge en eaux troubles renoue donc – à nouveau – sans peine avec l’esprit de la série d’origine afin de proposer au spectateur une heure et demie de rires francs et de gags absurdes qui, s’ils ne font pas tous mouche (comme toujours), dénotent d’un sens du gag sans cesse renouvelé de la part de ses auteurs. On applaudit donc à deux mains, même si bien sûr la fraîcheur et l’incongruité liés en 1999 à la découverte de la série n’y sont plus.



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