Test Blu-ray : Cécile est morte


France, Allemagne : 1944
Titre original : –
Réalisation : Maurice Tourneur
Scénario : Michel Duran, Jean-Paul Le Chanois
Acteurs : Albert Préjean, Santa Relli, Germaine Kerjean
Éditeur : Gaumont
Durée : 1h22
Genre : Policier
Date de sortie cinéma : 8 mars 1944
Date de sortie DVD/BR : 11 novembre 2020

Cécile, jeune fille gauche et terne, harcèle le commissaire Maigret parce qu’elle est persuadée que quelqu’un s’introduit la nuit dans l’appartement qu’elle occupe avec Mme Boynet, sa tante. Le commissaire ne prend pas l’affaire au sérieux, mais la soeur de Cécile, sa tante et Cécile elle-même sont assassinées. À l’enterrement, Maigret rencontre Marchepied, cousin de Mme Boynet et c’est à La Rochelle, où ce dernier demeure, que sera dévoilé le mystère des trois meurtres…

Le film

[4/5]

On ne sait pas à vrai dire si c’est qu’on s’est habitués, le temps d’un film, à la personnalité d’Albert Préjean endossant les frusques de Maigret, ou si c’est réellement le talent de Maurice Tourneur qui permet au miracle de se produire. Mais le fait est que Cécile est morte, deuxième « Maigret » interprété par Préjean, un an après Picpus, donnera réellement au spectateur un ressenti et une satisfaction très supérieurs au premier épisode.

Sans vouloir remettre en cause le talent de Maurice Tourneur, cette impression est peut-être également tout simplement due au fait que, certains aspects de la personnalité de Maigret mis à part, Cécile est morte s’avère beaucoup plus fidèle au roman et à l’intrigue policière imaginée par Georges Simenon. Si l’humour est toujours présent (principalement via le personnage incarné par Gabriello), les scénaristes Jean-Paul Le Chanois et Michel Duran ont également un peu levé le pied sur la bouffonnerie générale, et au final Cécile est morte nous propose une enquête rondement menée.

Le sérieux de l’entreprise est entre autres assuré par une galerie de personnages savoureux, qui s’imposent tour à tour soit comme des caricature féroces et amusantes (la concierge, la vieille tante), soit comme des portraits d’avantage ancrés dans le réel (le jeune papa désargenté, le maquereau Dandurand). L’équilibre entre les deux types de personnages permet à Cécile est morte de toujours conserver suffisamment de tension et de rythme à l’enquête, et contribuent à faire du film de Tourneur un policier à la fois ludique et tout à fait efficace.

Le Blu-ray

[4/5]

C’est donc à Gaumont que l’on doit ce mois-ci la (re)découverte de Cécile est morte, disponible pour la toute première fois en Blu-ray et en version restaurée 2K – une restauration réalisée par L’image retrouvée en 2019 avec le soutien du CNC. Le film intègre, comme Picpus, les rangs de la collection « Blu-ray Découverte » de l’éditeur, parfois également appelée « Gaumont Découverte en Blu-ray ».

Et côté master, c’est donc un quasi-sans faute technique avec un film imposant un grain épais mais proposant tout de même un beau piqué et une profondeur de champ remarquable. La patine visuelle du film ainsi que le noir est blanc ont été formidablement gérés, l’image est tout simplement superbe. Côté son, le mixage DTS-HD Master Audio 2.0 se révèle stable et toujours très précis : du très beau travail technique.

Du côté des suppléments, on trouvera tout d’abord une présentation du film par Christine Leteux (17 minutes), auteur de « Maurice Tourneur : Réalisateur sans frontières » et « Continental-Films : Cinéma français sous contrôle allemand ». Elle reviendra sur le contexte de tournage du film à une époque où la Continental créée par Goebbels s’avérait vraiment en fin de vie et ne disposait plus que d’une petite poignée de cinéastes n’ayant d’autre choix que de continuer à travailler pour elle, presque sous la contrainte. Elle reviendra également sur la réussite globale du film ainsi que sur les acteurs. On terminera enfin avec un sujet dédié à la restauration du film, présenté sur le mode toujours payant du « avant / après ».



Critique film

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