Les défis européens en cas d’une victoire de Joe Biden



Challenges: Comment réagissez-vous à la probable victoire de Joe Biden?

David McAllister, président de la Commission des affaires étrangères au Parlement européen: Attendons d’abord la fin du comptage des bulletins de vote. 

Que peut-on attendre d’une administration Biden sur le plan international?

Ce devrait être une administration qui donnera une nouvelle impulsion aux relations internationales en général, et aux transatlantiques en particulier. Nous, Européens auront davantage de sujets en commun avec Washington, sur des questions aussi cruciales que le changement climatique, le multilatéralisme ou le commerce, ainsi que sur un grand nombre de questions diplomatiques, telles que celles concernant le Moyen Orient, l’Iran ou les Balkans. 

La diplomatie internationale a-t-elle changé au cours des quatre dernières années?

Oui, les choses ont vraiment changé depuis que Donald Trump est entré à la Maison-Blanche, même si elles avaient déjà commencé à changer sous l’administration précédente. On se rappelle tous, par exemple, que c’est le président Obama qui est à l’origine du fameux pivot vers l’Asie.

Qu’est ce que les années Trump ont modifié dans la relation transatlantique? 

Elles ont représenté un vrai défi pour la coopération transatlantique.

Challenges: Comment réagissez-vous à la probable victoire de Joe Biden?

David McAllister, président de la Commission des affaires étrangères au Parlement européen: Attendons d’abord la fin du comptage des bulletins de vote. 

Que peut-on attendre d’une administration Biden sur le plan international?

Ce devrait être une administration qui donnera une nouvelle impulsion aux relations internationales en général, et aux transatlantiques en particulier. Nous, Européens auront davantage de sujets en commun avec Washington, sur des questions aussi cruciales que le changement climatique, le multilatéralisme ou le commerce, ainsi que sur un grand nombre de questions diplomatiques, telles que celles concernant le Moyen Orient, l’Iran ou les Balkans. 

La diplomatie internationale a-t-elle changé au cours des quatre dernières années?

Oui, les choses ont vraiment changé depuis que Donald Trump est entré à la Maison-Blanche, même si elles avaient déjà commencé à changer sous l’administration précédente. On se rappelle tous, par exemple, que c’est le président Obama qui est à l’origine du fameux pivot vers l’Asie.

Qu’est ce que les années Trump ont modifié dans la relation transatlantique? 

Elles ont représenté un vrai défi pour la coopération transatlantique. Il y a eu tellement de décisions difficiles à comprendre pour nous Européens! De toutes celles prises par Donald Trump, les trois plus rudes ont été le retrait de l’accord de Paris sur le climat, le retrait du traité dit « Open skies » ou « Ciel ouvert » (ndlr: qui permet de surveiller les mouvements militaires et les mesures de limitation des armements des pays signataires) et le retrait du plan d’action global commun (ndlr: celui sur le nucléaire iranien). 

Nous espérons un retour et un plus grand engagement des Américains sur ces 3 dossiers. Voyez-vous, lorsque Trump s’est désengagé de l’accord nucléaire, il a agi comme s’il quittait un accord négocié par les seuls Américains, or c’était un accord que nous avions négocié tous ensemble.

Vous mettez pourtant en garde devant trop d’optimisme des Européens face à l’arrivée de Joe Biden à la Maison-Blanche? 

Oui. Bien sûr, nous pensons que Joe Biden sera favorable au multilatéralisme, qu’il veut former une alliance entre démocraties. Qu’il veut aussi réformer les institutions internationales, au lieu de les affaiblir, ou même de les détruire. Nous allons voir les Américains revenir dans l’accord de Paris sur le climat et au sein de l’OMS. Les Américains seront également plus intéressés à réformer l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Nous aurons beaucoup en commun avec son administration, mais…

Mais?

Nous, Européens ne devrions pas trop nous enthousiasmer malgré tout. L’arrivée de Joe Biden à la présidence ne signifiera pas que nous allons revenir à un ancien monde, à une ancienne normalité. Nous aurons à définir une nouvelle normalité. Avec un président démocrate, les défis n’auront pas disparu, notamment sur la question du commerce. Autre élément à bien garder en tête, ce sont les appels répétés des Américains aux Européens pour qu’ils fassent davantage en matière de sécurité et de défense, et qu’ils dépensent davantage pour leur sécurité et leur défense. Ça, il faut bien le garder en tête.

Qu’avez-vous pensé de la campagne électorale américaine, et quels enseignements en tirez vous?

Le monde entier a assisté à ces élections américaines, énormément de monde a suivi la campagne électorale de très près. Moi-même, je me suis levé en pleine nuit, ici en Allemagne, pour suivre le premier débat télévisé entre le président Trump et le vice-président Biden. 

J’ai été extrêmement peiné de voir deux candidats à la présidence se comporter si mal l’un vis-à-vis de l’autre, alors qu’il s’agissait des Etats-Unis, ce grand pays admiré et respecté par tant de monde. J’ai ressenti une immense tristesse en observant les profondes divisions dans la politique et la société américaine.

Il faut que nous en tirions des leçons en Europe. Il faut que nous nous assurions que nous continuerons à traiter nos opposants politiques avec respect. Que nous ayons des débats de fond et que nous évitions les attaques personnelles. N’oublions jamais que l’essence de la politique c’est de trouver des compromis, du consensus, d’être capable de former des coalitions et de construire des politiques pour le bien des populations de nos pays.

J’espère que le prochain président américain pourra construire des ponts. Que démocrates et républicains, comme républicains et démocrates coopèreront mieux qu’ils ne l’ont fait pendant les années Trump mais aussi pendant les années Obama. Chaque camp doit faire un pas vers l’autre.



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