Pierre Larrouturou, eurodéputé français en grève de la faim



Il a entamé hier, mercredi 4 novembre, sa deuxième semaine de grève de la faim. Il dit « deuxième » et pas seconde, car il n’exclut qu’il y en ait une troisième. Eurodéputé français, Pierre Larrouturou est décidé à aller jusqu’au bout, « jusqu’à la fin des négociations, jusqu’à ce que l’on trouve un accord ». Son but : obtenir des rallonges budgétaires pour le climat, la santé et la recherche. Pour l’instant, les chefs d’Etat et de gouvernement freinent des quatre fers, face à un Hémicycle qui rue dans les brancards, avec le quinquagénaire en tête de pont.

Il a pris ses quartiers, avec toutes ses pancartes, au troisième étage du Parlement de Bruxelles, là où tout le monde passe. Le soir, il dort dans son bureau, au 11è étage du bâtiment.

Paris et Berlin ne l’écoutent pas 

S’il est enthousiaste et volubile, s’il n’en est pas à sa première grève de la faim, l’homme n’est pas pour autant farfelu. Il sait de quoi il parle : lui, l’ingénieur agronome diplômé de Sciences Po, lui la boîte à idées qui a milité pour la semaine des quatre jours et qui veut faire de la Banque centrale européenne une banque verte, est le rapporteur général du budget européen.

Il a cessé de manger pour « faire un maximum de pression, avant qu’il ne soit trop tard ». Il observe : « Rendez-vous compte, le budget européen, on l’adopte une fois tous les sept ans ». Pour lui, la mouture actuelle, fruit de compromis difficiles, fait la part trop belle aux pays radins. Elle lèse les hôpitaux, la protection de l’environnement, l’éducation.

Et il enrage d’autant plus, qu’il propose une solution dont les capitales, « Paris et Berlin notamment », ne veulent pas. Il estime que l’on pourrait sortir de l’impasse si

er, mercredi 4 novembre, sa deuxième semaine de grève de la faim. Il dit « deuxième » et pas seconde, car il n’exclut qu’il y en ait une troisième. Eurodéputé français, Pierre Larrouturou est décidé à aller jusqu’au bout, « jusqu’à la fin des négociations, jusqu’à ce que l’on trouve un accord ». Son but : obtenir des rallonges budgétaires pour le climat, la santé et la recherche. Pour l’instant, les chefs d’Etat et de gouvernement freinent des quatre fers, face à un Hémicycle qui rue dans les brancards, avec le quinquagénaire en tête de pont.

Il a pris ses quartiers, avec toutes ses pancartes, au troisième étage du Parlement de Bruxelles, là où tout le monde passe. Le soir, il dort dans son bureau, au 11è étage du bâtiment.

Paris et Berlin ne l’écoutent pas 

S’il est enthousiaste et volubile, s’il n’en est pas à sa première grève de la faim, l’homme n’est pas pour autant farfelu. Il sait de quoi il parle : lui, l’ingénieur agronome diplômé de Sciences Po, lui la boîte à idées qui a milité pour la semaine des quatre jours et qui veut faire de la Banque centrale européenne une banque verte, est le rapporteur général du budget européen.

Il a cessé de manger pour « faire un maximum de pression, avant qu’il ne soit trop tard ». Il observe : « Rendez-vous compte, le budget européen, on l’adopte une fois tous les sept ans ». Pour lui, la mouture actuelle, fruit de compromis difficiles, fait la part trop belle aux pays radins. Elle lèse les hôpitaux, la protection de l’environnement, l’éducation.

Et il enrage d’autant plus, qu’il propose une solution dont les capitales, « Paris et Berlin notamment », ne veulent pas. Il estime que l’on pourrait sortir de l’impasse si on augmentait les ressources propres de l’Europe. Il pense en particulier à « une large taxe sur les transactions financières », qui, a-t-il, calculé « pourrait rapporter 50 milliards d’euros par an. » Un moyen que les dettes contractées dans le cadre du plan de relance ne soient pas un boulet trop lourd pour les générations futures.

Il a perdu 4,5 kilos

Pour l’heure, le natif de Dordogne, qui a fait pas mal de nomadisme politique, mais qui depuis un an siège au Parlement européen sous l’étiquette « S&D » (Alliance progressiste des socialistes et démocrates), n’a pas (encore) convaincu les décideurs. En revanche, il est ravi de constater qu’il ne prêche pas dans le désert. Son initiative « a créé une dynamique », se réjouit cet homme au débit de mitraillette. Nicolas Hulot lui a apporté son soutien, comme Edgar Morin et un pape belge de la finance. Il dit recevoir beaucoup de messages de félicitations et d’encouragements.

Parmi ses homologues députés, le ton est plus mitigé. Certains le soutiennent sans réserve, notant que l’on n’a jamais autant parlé du budget européen. Une gageure, en pleine pandémie, alors que les élections américaines tiennent toute l’Europe en haleine !  D’autres élus ont fait la soupe à la grimace, estimant que Pierre Larouturou ne tenait pas son rang. « Tu n’es pas un activiste », s’est exclamé l’un d’eux. Lui attend tranquillement la prochaine date butoir pour les négociations : « Il y en a une fin septembre, qui a été repoussée à la mi-octobre, puis au 6 novembre. Maintenant on parle de la semaine prochaine. » Les ministres des Finances doivent se retrouver le 1er décembre. D’ici là, la situation devrait être débloquée.

Même si, selon ses dires, le gréviste a perdu 4,5 kilos, il jure qu’il se sent en bonne santé et qu’il ne prend aucun risque. D’ailleurs, assure-t-il, sa famille n’est pas inquiète, au contraire, elle l’encourage, notamment ses deux enfants de 16 et 20 ans. « Je vois le médecin du Parlement européen tous les jours, j’ai déjà subi deux électrocardiogrammes, tout va bien. » Il prend des sels minéraux et du magnésium pour résister.

Il l’a appris il y a peu : il n’est pas le premier eurodéputé à faire une grève de la faim. Ils ont été dix avant lui. Il y a eu notamment un certain David Sassoli, l’actuel… président de l’Assemblée. Mais il l’assure :  » Je me bats pour le climat, pour qu’à l’avenir nous soyons en bonne santé. Si jamais la mienne était en péril, je m’arrêterais tout de suite. » Il jure qu’il ne veut pas contribuer à encombrer ces hôpitaux, qu’il défend bec et ongles, et qui pour l’heure sont très sollicités. 



challenges

A lire aussi

Laisser un commentaire