On a décortiqué le discours de Trump (et il s’arrange beaucoup avec la vérité)


« Honnêtement, nous avons gagné l’élection ». Trump semblait presque sûr de lui, ce mercredi 4 novembre, lorsqu’il a revendiqué sa victoire à l’élection présidentielle américaine de 2020. Dénonçant une « fraude » sans livrer aucun élément concret, il a même réclamé de manière très confuse que « tous les votes cessent » et assuré vouloir saisir la Cour suprême. Mais les choses ne sont pas aussi simples que le président américain veut bien le faire croire.

Car contrairement à ce qu’il affirme, Donald Trump n’a pas encore gagné : les Etats ont toutefois le droit de continuer le décompte des voix après la journée électorale, un droit tout particulièrement important cette année, alors que les Américains ont massivement eu recours au vote par correspondance, en ce temps de pandémie de Covid-19. « L’Obs » fait le point.

  • « Il est clair que nous avons gagné la Géorgie » : pas si vite

Donald Trump s’est déclaré vainqueur en Géorgie, pourtant toutes les voix n’y ont pas été dépouillées et il est donc trop tôt pour l’affirmer. S’il conserve une large avance, le « New York Times » estimait à 13 heures (heure française) que Joe Biden avait encore 64 % de chances de gagner cet Etat ! Les bureaux de vote des centres urbains, à majorité démocrate, n’ont en effet pas tous été dépouillés, et pourraient faire basculer l’Etat. La victoire n’est donc pas totalement acquise pour le milliardaire.

  • « On gagne en Pennsylvanie avec un très grand nombre de voix » : Trump oublie les votes par correspondance

Le président américain s’est avancé sur une victoire en Pennsylvanie, où il estime avoir une « large marge » que les démocrates « ne pourront pas rattraper ». Il se garde toutefois bien de préciser que dans cet Etat-clé, la majorité des comtés n’a pas encore comptabilisé les votes par correspondance, selon le « New York Times ».

Or, ceux qui avaient déjà été décomptés étaient favorables à Joe Biden à près de 80 %, rapporte le quotidien. Terminer de comptabiliser ces voix pourrait donc largement resserrer l’écart entre les candidats… voire plus.

La Pennsylvanie, Etat au cœur de toutes les attentions

Face aux remarques de Donald Trump, le gouverneur démocrate de l’Etat a appelé à la sérénité : « Il s’agit d’une attaque partisane contre les élections en Pennsylvanie, contre nos votes, contre la démocratie, a écrit Tom Wolf dans un tweet. Nos comptés travaillent sans relâche pour dépouiller les votes aussi rapidement et aussi justement que possible. La Pennsylvanie aura une élection juste et nous décompterons chaque vote ».

  • « On est en train de gagner dans le Michigan » : Biden rattrape déjà son retard

Même scénario qu’en Pennsylvanie. Pour le Michigan, Donald Trump s’est montré particulièrement confiant, vantant là aussi une marge confortable. Mais s’il possède une avance sur Biden dans cet Etat-clé, les résultats se sont progressivement resserrés ces dernières heures, et continuent de se resserrer. Le plus grand comté de l’Etat a suspendu le décompte des votes par correspondance dans la soirée, qui ne devrait reprendre que mercredi.

Une fois encore, Trump crée la surprise

Trump a par ailleurs remis en doute la victoire de Joe Biden dans l’Arizona, annoncé par plusieurs médias américains et qui marque le premier basculement d’un Etat républicain vers les démocrates.

Pourquoi Trump veut jouer la carte de la Cour suprême

Cette fois, le président américain ne semblait plus opposé au décompte définitif des votes, estimant qu’il pourrait encore rattraper son adversaire.

  • « Une fraude contre le public américain » : des accusations sans fondement

Pour enfoncer le clou, Donald Trump a évoqué, de manière confuse et sans apporter d’élément concret, des « fraudes ». Une stratégie que beaucoup avaient déjà vue venir, le président américain agitant le spectre de fraudes depuis plusieurs mois, sans jamais y apporter des preuves concrètes.

La configuration qui entraînerait l’égalité parfaite entre Trump et Biden (et ce qu’il se passerait)

Il a notamment estimé que les comtés qui avaient cessé de décompter les voix en Caroline du Nord, où il est pour l’instant donné gagnant (pour les reprendre le lendemain), commettaient « une fraude contre notre nation ». « Nous ne voulons pas qu’il trouve n’importe quel bulletin de vote à 4 heures du matin et qu’il les ajoute à la liste », a-t-il ajouté, sans jamais préciser d’où venaient ces soupçons.

Déjà plus tôt dans la soirée, il avait accusé les démocrates de « voler l’élection » sur Twitter, un tweet signalé par le réseau social comme « trompeur ».

  • Biden très confiant : il peut, mais attention aux mauvaises surprises

Peu avant les déclarations du président, Joe Biden s’était lui aussi montré plutôt confiant sur l’issue du scrutin, sans pour autant être aussi catégorique que son adversaire : « Nous sommes en bonne voie pour gagner l’élection », a-t-il affirmé. Une affirmation optimiste, puisque le candidat démocrate était en tête, en termes de nombre de grands électeurs acquis en début de matinée, mais qu’il convient de nuancer puisque beaucoup de « swing states », ces Etats capables de pencher d’un côté ou de l’autre, n’ont pas encore livré leurs résultats.

« Je suis très optimiste face aux résultats. On garde la foi, on va gagner », a-t-il toutefois ajouté, affirmant sa confiance pour l’emporter en Arizona – ce qui devrait être le cas, mais n’est pas encore certain – dans le Wisconsin, le Michigan et en Pennsylvanie.

Carte des résultats de l’élection présidentielle américaine





nouvelobs

A lire aussi

Laisser un commentaire