le « worst of » de 4 ans de Trump à la Maison-Blanche


En 2016, Donald Trump était élu président des Etats-Unis. Parfois vulgaire, souvent anti- « politiquement correct », il compte, quatre ans plus tard, des dérapages à foison à son actif au cours d’un mandat qui s’annonçait aussi hors norme que périlleux.

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Alors que des millions d’Américains se rendent aux urnes ce mardi 3 novembre, « l’Obs » s’est replongé dans ces quatre années de Trump à la Maison-Blanche et revient sur ces dérapages et scandales.

  • L’embarrassante affaire ukrainienne

Encore fraîche dans les mémoires, ce que l’on a surnommé « l’affaire ukrainienne » a mis Donald Trump dans une position indélicate lorsqu’un lanceur d’alerte a révélé qu’il avait demandé au président ukrainien Volodymyr Zelensky de faire déclencher une enquête sur le fils de Joe Biden, à l’époque déjà pressenti pour être son adversaire démocrate.Les leçons d’un « impeachment »

L’échange est vu par les démocrates comme une tentative de perturber l’élection de 2020. Ceux-ci accusent aussi le président d’avoir conditionné une aide financière à l’Ukraine en échange de l’ouverture de cette enquête, fait que conteste l’administration Trump.

En septembre 2019, la présidente de la Chambre des représentants, lance une procédure de destitution contre Trump. Celui-ci devient le troisième président américain de l’histoire à être mis en accusation. Mais en février 2020, il est finalement acquitté par le Sénat, à majorité républicaine.

  • La tentaculaire affaire russe

Bien avant l’affaire ukrainienne, il y a eu la non moins tentaculaire affaire russe ou « Russiagate », qui a empoisonné la fin de la campagne de 2016 et suivi Donald Trump bien après son investiture. L’équipe du candidat milliardaire était accusée d’avoir fait collusion avec la Russie pour perturber (et remporter) l’élection. Par la suite, Donald Trump a également accusé d’avoir interféré dans l’enquête, qu’il qualifie de « plus grande chasse aux sorcières de l’histoire politique américaine ».

Jared Diamond : « Les Etats-Unis vivent peut-être leur dernière élection libre »

En mars 2019, après deux ans d’enquête, le procureur spécial Robert Mueller a fait état, dans un rapport, d’une ingérence russe dans l’élection présidentielle de 2016. Les investigations n’ont pas permis d’établir de preuves suffisantes pour établir une « collusion » entre la Russie et l’équipe de Donald Trump. Mais, « si ce rapport ne conclut pas que le président a commis un crime, il ne l’exonère pas non plus », est-il toutefois précisé, une précision que le président s’est bien gardé de relayer, affirmant avoir été blanchi par l’enquête.

  • Les relations aigre-douces avec Kim Jong-un

La relation de Donald Trump avec Kim Jong-un, dirigeant de la Corée du Nord, a fait trembler de nombreuses personnes au gouvernement. Pendant les deux premières années de son mandat, les deux dirigeants se sont insultés et menacés par médias interposés, Trump traitant Kim Jong-Un d’« homme-fusée », l’autre lui répondant qu’il est un « gâteux américain mentalement dérangé », et dénonçant « la plus féroce déclaration de guerre de l’histoire ». Une escalade de mots qui aurait pu être drôle si elle ne se faisait pas sur fond de crise nucléaire.

Les sondeurs vont-ils encore se « trumper » ? « That is the question »…

En juin 2019, les deux dirigeants enterrent (presque) la hache de guerre lors d’une rencontre historique dans le village de Panmunjom. Depuis, ils semblent entretenir une étrange amitié malgré des provocations éparses.

  • Le feuilleton à rebondissements sur ses impôts

Les présidents américains dévoilent traditionnellement leur déclaration de revenus par souci de transparence, mais Donald Trump, lui, a catégoriquement refusé de le faire. Alors que le (supposé ?) milliardaire avait fait de sa fortune un argument de sa campagne, ce refus a alimenté les spéculations sur sa richesse réelle et ses possibles conflits d’intérêts. La publication de cette déclaration de revenu fait depuis quatre ans l’objet d’une bataille judiciaire.

La bombe du « New York Times » sur les impôts de Trump lui sera-t-elle fatale ?

Une bataille court-circuitée par le « New York Times », qui a affirmé en septembre dernier que le président n’avait payé que 750 dollars d’impôts fédéraux l’année de son élection, « en grande partie car il a déclaré plus de pertes d’argent que de gains ».

  • La « hush money » versée à Stormy Daniels

Plus de 20 ans après l’affaire Clinton – Lewinsky, Donald Trump a offert un nouveau scandale politco-érotique aux Etats-Unis. En janvier 2018, le « Wall Street Journal » a révélé que l’avocat de Donald Trump, Michael Cohen, avait payé 130 000 dollars l’actrice de films pornographiques Stormy Daniels pour qu’elle cesse de s’exprimer sur une relation sexuelle qu’elle aurait eue avec le milliardaire en 2006.

Le président américain dément en avril avoir eu connaissance de ce paiement, avant d’être malencontreusement contredit par son propre avocat, Rudy Giuliani, le mois suivant.

Poursuivi dans le cadre du « Russiagate », Michael Cohen déclare avoir acheté, pendant la campagne, le silence de deux ex-maîtresses présumées de Trump, dont Stormy Daniels. Il plaide coupable, entre autres, de violation de la loi électorale, affirmant à son tour lors d’une interview télévisée que le président était au courant de ce paiement.

  • Les pays d’Afrique et Haïti, ces « shithole countries »

Déjà accusé à maintes reprises de racisme, Donald Trump a provoqué une crise diplomatique d’ampleur en qualifiant, selon le « Washington Post » et le « New York Times », des pays d’Afrique et Haïti de « shithole countries » (« trous à merde »).

« Restaurer l’hégémonie blanche est l’opium du peuple de Trump »

Ajoutant à l’embarras, la Maison-Blanche n’avait dans un premier temps pas démenti. Le président avait fini par nier lui-même sur Twitter, affirmant : « Le langage que j’ai utilisé lors de la réunion était dur mais ce ne sont pas les mots utilisés ».

  • Le très contesté « Muslim Ban »

Une semaine après son entrée en fonction en 2017, Donald Trump a signé le décret présidentiel 13 769 qui a déclenché une onde de choc dans le monde en suspendant le programme d’admission des réfugiés aux États-Unis et l’entrée sur le territoire des citoyens de l’Irak, l’Iran, la Libye, la Somalie, le Soudan, la Syrie et du Yémen, soit seulement des pays à majorité musulmane.

Surnommé le « Muslim Ban » par ses détracteurs (Donald Trump ayant lui-même suggéré en 2015 l’interdiction de la venue de musulmans sur le territoire américain), le décret connaît de nombreux revers juridiques. Sa troisième version, qui ferme les frontières américaines à environ 150 millions de personnes ressortissantes de six pays, a été validée par la Cour suprême en juin 2018.

  • Les attaques racistes contre des députées démocrates

Les élections de mi-mandat de 2018 ont vu naître la « squad », un groupe de quatre députées démocrates formé par Alexandria Ocasio-Cortez (AOC), Ilhan Omar, Ayanna Pressley et Rashida Tlaib. Elles n’ont pas tardé à dénoncer la politique migratoire brutale et le racisme de Donald Trump, qui trouvé en elles des cibles de choix, glissant parfois à leur encontre des attaques racistes.

Il a notamment enjoint les quatre députées, issues de minorités, à « retourner » chacune dans leur pays d’origine (bien que seul Ilhan Omar ne soit pas née sur le sol américain), ou encore estimé qu’elles étaient « incapables d’aimer notre pays ».

Ilhan Omar, fille de réfugiés somaliens arrivés dans le Minnesota quand elle avait 12 ans, a fait l’objet d’attaques particulièrement féroces : en juillet 2019, le président avait ainsi laissé la foule d’un de ses meetings hurler « Renvoyez-la ! Renvoyez-la ! ».

  • L’écologie, une thématique constamment méprisée

Le changement climatique ? Très, très peu pour Donald Trump. Le président américain a fait part à maintes reprises de ses positions climatosceptiques.

Pendant son mandat, il a cassé la politique environnementale de son prédécesseur, fait sortir les Etats-Unis de l’accord de Paris, rejeté un rapport officiel (qu’il n’avait pas lu en entier) sur les conséquences du changement climatique sur l’économie américaine, utilisé les vagues de froid pour mettre en doute l’existence du réchauffement climatique, ou encore balayé les inquiétudes sur celui-ci en septembre dernier en estimant que « ça finira par se refroidir ». La liste est (très) longue.

  • Les incessantes démissions à la Maison-Blanche

Candidat, il l’avait promis : à la Maison-Blanche, il ne placerait que « les meilleures personnes ». Quatre ans et des démissions et limogeages en cascade plus tard, la promesse se porte mal.

Paul Auster : « Trump a été un poison pour mon pays »

Vétérans de la politique américaine ou proches du président, ils sont nombreux à s’être cassé les dents dans l’administration Trump. John Bolton, Steve Bannon, James Mattis, Jeff Sessions… Même ceux qui semblaient emblématiques du gouvernement ont dû partir, de gré ou de force. Des départs à répétition qui ont engendré la publication de plusieurs livres « d’insiders » révélant sans pincettes le quotidien chaotique de la Maison-Blanche.

Quatre ans de Trump à la Maison-Blanche, c’est aussi :

CONGRÈS, GOUVERNEURS… LES AUTRES SCRUTINS DU 3 NOVEMBRE

Mardi 3 novembre, les Américains ne se rendent pas uniquement aux urnes pour choisir leur président. Outre départager le républicain Donald Trump et le démocrate Joe Biden dans la course à la Maison-Blanche, les électeurs vont aussi renouveler les deux chambres du Congrès, en désignant l’intégralité de la Chambre des Représentants (435 sièges) et le tiers du Sénat (35 sur 100). Onze Etats, dont le Missouri et l’Utah, profitent aussi de l’« election day » pour élire leur gouverneur, la personnalité politique qui dispose du pouvoir exécutif au niveau de l’Etat. Certains Américains, enfin, vont choisir leur maire, comme à Phoenix et à Portland, et d’autres vont se prononcer lors de référendums locaux sur divers sujets, comme les impôts et le logement en Californie ou la réintroduction de loups dans le Colorado.





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