Floride, Pennsylvanie… Quels sont les Etats américains qui peuvent faire basculer l’élection ?


Mardi 3 novembre, lors de l’élection présidentielle américaine, les regards seront rivés sur une poignée d’Etats dont le rôle s’annonce déterminant. Contrairement à la France, le président américain est élu par suffrage indirect et est désigné par un « collège électoral », composé de 538 « grands électeurs » répartis dans les États américains. Le candidat qui obtient le vote d’au moins 270 grands électeurs remporte ainsi l’élection.

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D’où l’importance des « swing states » (« Etats-pivots » ou « états clés » en français), ces Etats qui ne sont pas des bastions d’un parti ou d’un autre et qui peuvent basculer à chaque élection. Parmi eux, certains comptent un nombre important de grands électeurs et feront ainsi pencher la balance au moment du vote. « L’Obs » fait le point sur les Etats à surveiller.

  • La Floride – 29 grands électeurs

Le « Sunshine State » et ses 29 grands électeurs est sûrement l’un des plus scruté lors des élections américaines. Donald Trump l’a emporté en 2016 face à Hillary Clinton grâce au vote des séniors, traditionnellement conservateurs. Mais alors que cette population a été durement touchée par l’épidémie de Covid-19, son soutien au président sortant pourrait ne pas être acquis.La Floride, perpétuel suspense des présidentielles

Pour l’heure, Joe Biden devance en moyenne Donald Trump de deux points dans les sondages compilés par le site FiveThirtyEitght.

  • La Pennsylvanie – 20 grands électeurs

Donald Trump s’était imposé en 2016 dans cet Etat traditionnellement démocrate marqué par le déclin industriel. Aujourd’hui, il est mené de cinq points dans les sondages par son adversaire Joe Biden, selon FiveThirtyEight.

  • Le Michigan – 16 grands électeurs

Le Michigan avait représenté une défaite amère pour les démocrates en 2016. Donald Trump avait fait basculer cet Etat traditionnellement à gauche avec à peine 0,3 point d’avance sur Hillary Clinton.

Les démocrates veulent s’appuyer les votes des électeurs blancs de banlieue, de la communauté noire et des ouvriers syndiqués pour reprendre cet Etat du Nord. Joe Biden mène pour l’heure avec une confortable avance de 8 points dans les sondages réunis par FiveThirtyEight.

  • L’Ohio – 18 grands électeurs

Comme l’expliquait « l’Obs », l’Ohio fait figure de véritable baromètre de la présidentielle. Ce bastion du Midwest a toujours voté pour celui qui a fini par être investi, et ce sans faute depuis… 1964 !

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Trump y avait triomphé avec huit points d’avance en 2016. Quatre ans plus tard, il se trouve à égalité quasi parfaite avec son adversaire Joe Biden, selon FiveThirtyEight.

  • La Géorgie – 16 grands électeurs

Si Donald Trump avait remporté la Géorgie avec plus de cinq points d’avance en 2016, la victoire semble moins assurée en 2020. Joe Biden le devance d’un point selon FiveThirtyEight.

Le candidat démocrate compte notamment sur les voix de l’importante communauté noire, qui représente 32 % de la population, et des électeurs urbains.

  • La Caroline du Nord – 15 grands électeurs

Donald Trump avait remporté cet Etat de l’est des Etats-Unis en 2016 grâce notamment au soutien de la communauté évangélique et d’une population blanche, rurale et plutôt âgée.

Joe Biden, lui, veut compter sur les voix afro-américaines et sur celles des jeunes urbains.

L’écart des deux candidats s’est resserré à de nombreuses reprises dans les sondages ces derniers mois, mais Joe Biden menait dernièrement son adversaire d’un peu moins de deux points en moyenne selon FiveThirtyEight.

  • Le Wisconsin – 10 grands électeurs

Donald Trump avait remporté cet Etat du nord des Etats-Unis avec moins de 25 000 voix d’avances en 2016. Mais alors que le Wisconsin a été le théâtre d’affrontements entre militants antiracistes et miliciens d’extrême droite fin août après que Jacob Blake, un homme noir, a été grièvement blessé par la police, Joe Biden y bénéficie pour l’instant d’un avantage clair : il dispose d’une avance de plus de 7 points sur Donald Trump, selon les sondages réunis par FiveThirtyEight.

  • L’Arizona – 11 grands électeurs

Cet Etat du sud-ouest n’avait plus voté démocrate depuis 1996, mais pourrait basculer en 2020. Lors des élections de mi-mandats, les citoyens d’Arizona, et notamment les jeunes urbains latinos, avaient en effet élu une démocrate au Sénat.

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Joe Biden veut donc compter sur le vote hispanique… et sur l’aliénation de Donald Trump parmi certains conservateurs, qui avaient peu apprécié la façon dont le président avait dénigré John McCain, héros de la guerre du Vietnam et sénateur de l’Etat avant sa mort en 2018.

Les courbes se sont souvent resserrées ces derniers mois, mais selon FiveThirtyEight, le candidat démocrate dispose pour l’instant de trois points d’avance.

  • L’Iowa – 6 grands électeurs

La guerre commerciale menée par Donald Trump contre la Chine et le Brésil pourrait lui coûter cet Etat agricole majoritairement blanc et peu peuplé, alors qu’il l’avait largement emporté en 2016. Pour l’heure, il ne devance Joe Biden que d’un point dans les sondages, selon FiveThirtyEight.

  • Le Texas – 38 grands électeurs

Après la Californie, le Texas est l’Etat avec le plus grand nombre de grands électeurs : autrement dit un Etat que Donald Trump ne peut pas se permettre de perdre. Car si le « Lone Star State » vote républicain à chaque élection depuis 1980, Joe Biden pourrait y créer la surprise grâce à sa démographie changeante.

Selon FiveThirtyEight, les courbes des sondages se sont croisées à plusieurs reprises ces derniers mois, mais pour l’heure, Donald Trump devance son adversaire démocrate d’un point.

« Restaurer l’hégémonie blanche est l’opium du peuple de Trump »

En 2016, tout s’était joué dans ces « swing states » : Donald Trump avait emporté les six principaux Etats cruciaux : la Floride, la Pennsylvanie, le Michigan, la Caroline du Nord, le Wisconsin et l’Arizona. Si les observateurs se gardent bien de faire des prédictions pour 2020, un tel hold-up pourrait s’avérer plus compliqué cette année pour le président sortant.

LA PRÉSIDENTIELLE AMÉRICAINE EN 4 DATES

3 novembre Depuis 1845, l’élection présidentielle américaine se déroule le mardi suivant le premier lundi de novembre. Ce 3 novembre, les électeurs se rendent aux urnes, mais ils ne désignent pas directement le chef de l’exécutif : ils votent dans chaque Etat pour des grands électeurs (538 au total), auxquels il reviendra ensuite d’élire le président et le vice-président. Outre la bataille pour la Maison-Blanche, les Américains vont renouveler lors de l’« election day » les deux chambres du Congrès, en désignant l’intégralité de la Chambre des Représentants (435 sièges) et le tiers du Sénat (33 sur 100). Onze Etats, dont le Missouri et l’Utah, en profitent aussi pour élire leur gouverneur. Certains citoyens américains, enfin, choisiront des élus locaux, le maire à Phoenix et à Portland par exemple, et d’autres se prononceront lors de référendums sur divers sujets, comme les impôts et le logement en Californie ou la réintroduction de loups dans le Colorado.

14 décembre Les 538 grands électeurs, qui constituent le collège électoral, se réunissent pour désigner officiellement le ticket gagnant. Pour être élu, il faut obtenir la majorité absolue (270 voix).

6 janvier 2021 Après le décompte officiel des votes, le Congrès annonce solennellement le nom du prochain locataire de la Maison-Blanche.

20 janvier 2021 Cérémonie d’investiture.





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