Macron promet de ne jamais accepter les discours de haine


Le chef de l’Etat tente de faire baisser la tension. Confronté à un appel au boycott des produits français dans le monde arabe, et attaqué sur sa santé mentale par le président turc, Emmanuel Macron a publié dimanche 25 octobre au soir plusieurs tweets affirmant ses valeurs, et soulignant notamment son rejet des « discours de haine ».

« La liberté, nous la chérissons ; l’égalité, nous la garantissons ; la fraternité, nous la vivons avec intensité. Rien ne nous fera reculer, jamais », écrit le chef de l’Etat, qui a également tweeté des versions en anglais et en arabe.

« Notre histoire est celle de la lutte contre les tyrannies et les fanatismes. Nous continuerons », a-t-il tweeté, avant d’ajouter : « Nous respectons toutes les différences dans un esprit de paix […] Nous nous tiendrons toujours du côté de la dignité humaine et des valeurs universelles. »

Des appels au boycott lancés après les propos de Macron

Par ailleurs, la France a appelé dimanche les gouvernements des pays concernés à faire « cesser » les appels au boycott de produits français et à manifester, provenant d’une « minorité radicale », leur demandant aussi d’« assurer la sécurité » des Français vivant sur leur sol.

Ces appels au boycott, ainsi que des manifestations, ont été lancés dans le monde musulman après de récents propos du président Emmanuel Macron sur l’islam.

« Les appels au boycott sont sans aucun objet et doivent cesser immédiatement, de même que toutes les attaques dirigées contre notre pays, instrumentalisées par une minorité radicale », a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

Le ministère a déploré que « dans plusieurs pays du Moyen-Orient se sont développés au cours des derniers jours des appels au boycott de produits français, notamment agroalimentaires, ainsi que plus généralement des appels à manifester contre la France, dans des termes parfois haineux, relayés sur les réseaux sociaux ».

Ces appels « dénaturent les positions défendues par la France en faveur de la liberté de conscience, de la liberté d’expression, de la liberté de religion et du refus de tout appel à la haine », a estimé le ministère.

Des propos « instrumentalisés »

Pour Paris, en outre, ces mouvements « instrumentalisent à des fins politiques les propos tenus » par le président Emmanuel Macron le 2 octobre, lors de la présentation d’un projet de loi sur le « séparatisme islamiste », et la semaine passée, lors de l’hommage national au professeur Samuel Paty, assassiné le 16 octobre par un islamiste russo-tchétchène de 18 ans.

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Pendant cet hommage, Emmanuel Macron a promis que la France continuerait de défendre les caricatures du prophète Mahomet, au nom de la liberté d’expression.

Dans son communiqué, le ministère a précisé que le projet de loi et les déclarations du président visent uniquement à « lutter contre l’islamisme radical, et à le faire avec les musulmans de France, qui sont partie intégrante de la société, de l’histoire et de la République françaises ».

Un impact sur l’économie française ?

Le ministre délégué au Commerce extérieur Franck Riester a indiqué dimanche soir à l’AFP être « en contact permanent avec les entreprises françaises concernées [par le boycott, NDLR] dans l’agroalimentaire », citant « Bel, Lactalis, et Danone ». « On aura demain des temps d’échanges un peu plus longs. On reste à observer l’évolution dans les jours qui viennent », a-t-il ajouté.

Interrogé sur les premières conséquences de l’appel au boycott, il a répondu : « Il y a des impacts mais les chiffrer c’est trop tôt. »





nouvelobs

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