Haut-Rhin: une commerçante en grève de la faim « porte le deuil » de sa boutique


Une commerçante de prêt-à-porter de Blotzheim (Haut-Rhin) a entamé une grève de la faim pour obtenir, sinon la « réouverture des commerces de proximité », du moins « l’arrêt de la vente des articles non essentiels par les grandes surfaces », a-t-elle expliqué samedi à l’AFP.

« Je porte le deuil pour mon magasin et pour tous les commerces de proximité qui ont déjà mis la clé sous la porte après le premier confinement », a déclaré Véronique Weingarten qui a entamé son mouvement jeudi.

Gérante du seul magasin de prêt-à-porter féminin de Blotzheim, une bourgade de quelque 4.500 habitants, elle s’est vêtue symboliquement de noir.

« Dans l’idéal, je veux pouvoir rouvrir notre commerce comme tous les commerces de proximité. On ne peut pas plus attraper le virus chez nous que dans une grande surface. C’est même plutôt l’inverse », fait-elle valoir.

Véronique Weingarten, en grève de la faim, devant sa boutique de prêt-à-porter, le 31 octobre 2020 à Blotzheim, dans le Haut-Rhin (AFP – SEBASTIEN BOZON)

Véronique Weingarten souhaite au moins que, comme pour les livres, le gouvernement interdise « la vente dans les grandes surfaces des produits non essentiels ».

Elle explique avoir pris sa décision mercredi soir, « juste après le discours d’Emmanuel Macron ». « Je devais agir. Je ne voulais pas être un petit mouton », dit-elle.

Depuis vendredi, la commerçante a pris position devant sa boutique. Elle a également installé un lit dans sa vitrine « pour dormir devant les gens afin de montrer (s)a détermination ».

Après le premier confinement qui lui a fait « perdre 120.000 euros », le deuxième, « c’est la clef sous la porte », assure-t-elle, « j’ai souscrit un emprunt de 100.000 euros (…) qu’il faudra rembourser ».

Véronique Weingarten, en grève de la faim, a installé un lit dans la vitrine de sa boutique de prêt-à-porter, le 31 octobre 2020 à Blotzheim, dans le Haut-Rhin (AFP - SEBASTIEN BOZON)

Véronique Weingarten, en grève de la faim, a installé un lit dans la vitrine de sa boutique de prêt-à-porter, le 31 octobre 2020 à Blotzheim, dans le Haut-Rhin (AFP – SEBASTIEN BOZON)

« Le premier confinement, on nous avait endormis. On nous avait promis des aides qui n’ont pas été tenues. On n’avait rien dit et pourtant déjà les grandes surfaces vendaient déjà des articles non essentiels. Il n’est pas possible d’accepter ça une deuxième fois », insiste Véronique Weingarten.



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