En France, la pollution de l’air coûterait 1 000 euros par habitant et par an


Publié le 23 octobre 2020

Si vous êtes Parisien, la pollution de l’air vous coûte cher : 1 602 euros par an. À Lyon, comptez 1 134 euros et à Nice, 1 128 euros. C’est ce qu’a calculé l’Alliance européenne de santé publique dans une nouvelle étude. Des montants élevés qui répondent aux coûts socio-économiques de cette pollution comme la réduction de l’espérance de vie, les maladies, le nombre de journées de travail perdues…  

1 000 euros par an et par habitant. C’est ce que coûterait, en France, la pollution de l’air selon un rapport publié mercredi 21 octobre examinant les coûts liés aux décès prématurés, aux soins et aux journées de travail perdues. Ce rapport, réalisé par le cabinet CE Delft pour l’Alliance européenne pour la santé publique (EPHA), plateforme d’ONG basée à Bruxelles, se penche sur 432 villes réparties dans les 27 pays de l’Union européenne, le Royaume-Uni, la Norvège et la Suisse.

Il met en regard les trois polluants principaux de l’air, les particules (PM), le dioxyde d’azote (NO2) et l’ozone (O3) et leurs coûts sociaux, c’est-à-dire les coûts directs liés aux soins et indirects comme la réduction de l’espérance de vie ou des maladies comme les bronchites chroniques graves. Ainsi, chaque année, à Paris le coût de la pollution par habitant atteindrait 1 602 euros, à Lyon 1 134 euros, à Nice, troisième du podium, 1 128 euros. Et les grandes villes ne sont pas les seules concernées, à Fréjus par exemple, le coût est établi à 979 euros.

166 milliards d’euros par an en Europe

« Cette étude aborde pour la première fois la question du coût à l’échelle des villes, et cela dans 67 agglomérations françaises. Elle permet de constater que la pollution n’est pas réservée aux grandes métropoles. Elle a un effet délétère et un coût économique même à Douai, Toulon, Rouen ou Saint-Quentin », déclare Olivier Blond, directeur de Respire.

Au total, la pollution de l’air coûte 166 milliards d’euros par an en Europe. Londres arrive en tête des villes où ce coût est le plus élevé (11,4 milliards d’euros), devant Bucarest et Berlin. Paris arrive en septième place, selon le rapport. « Notre étude révèle combien un air toxique est nuisible à la santé mais aussi combien d’importantes inégalités existent entre les différents pays d’Europe », commente le secrétaire général de l’EPHA, Sascha Marschang, cité dans un communiqué de l’association Respire. « La situation peut être améliorée par des politiques publiques en matière de transports et les villes peuvent réduire les coûts en encourageant les mobilités non polluantes », poursuit-il.

48 000 morts prématurées par an en France

La pollution de l’air en ville est due à plusieurs facteurs: transports, chauffage des habitations, ou encore des activités industrielles ou agricoles. S’il est compliqué d’évaluer précisément la part de chacun de ces secteurs, le rapport s’est penché sur celui des transports et estime qu’une augmentation de 1 % du nombre de voitures dans une ville augmente les coûts sociaux de près de 0,5 %.

Le Conseil d’État a condamné en juillet l’État à une astreinte record pour la mauvaise qualité de l’air. Pour y remédier, le gouvernement compte sur la création de « zones à faibles émissions » dans plusieurs agglomérations. « Il faut faire des efforts pour des transports moins polluants: marche, vélo et les véhicules électriques », demande Olivier Blond, directeur de l’association Respire. La pollution de l’air est responsable de 48 000 morts prématurées par an en France et 480 000 en Europe, selon l’Agence européenne de l’environnement (AEE), des chiffres qui pourraient être sous-estimés.

Marina Fabre, @fabre_marina avec AFP





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