Les 27 pays de l’UE s’accordent sur une PAC présentée comme plus écologique


Un tournant vert pour la PAC ? Les ministres de l’Agriculture de l’UE se sont mis d’accord ce mercredi 19 octobre, après de longs pourparlers, sur une réforme de la politique agricole commune (PAC), marquée par des règles environnementales contraignantes. Ce n’est toutefois pas l’avis des ONG environnementales qui jugent la réforme nettement insuffisante.

Europe : austérité, immigration, lobbys… Les 10 sujets qui fâchent

« Après une longue lutte, nous sommes arrivés à un accord crucial », avec un « bon équilibre » répondant aux « aspirations d’une PAC plus verte, plus juste et simplifiée », a déclaré la ministre allemande de l’Agriculture Julia Klöckner (CDU) tôt mercredi, à l’issue d’une réunion de deux jours des ministres au Luxembourg.

Les orientations adoptées par les Etats membres vont désormais faire l’objet de négociations avec le Parlement européen. Etats et eurodéputés devront trancher de concert d’ici début 2021 sur les règles qui s’appliqueront à partir de janvier 2023.

Les « écorégimes », grande nouveauté

Selon l’accord des 27, tous les agriculteurs devraient être tenus de respecter des normes environnementales beaucoup plus strictes, condition sine qua non pour recevoir des aides financières européennes.

On retrouve par exemple la grande nouveauté, les « écorégimes », qui vont réserver une part des aides directes (deux tiers du budget de la PAC) aux agriculteurs à leurs efforts écologiques. Ainsi, le système de primes versées aux agriculteurs pour soutenir la participation à des programmes environnementaux plus exigeants, deviendra obligatoire : chaque Etat devra y consacrer au moins 20 % des paiements directs de l’UE.

Les réfugiés sauveront-ils l’agriculture française ? C’est le pari de cette association

Les programmes environnementaux concernés par les écorégimes « incluent des pratiques comme l’agriculture de haute précision, l’agro-foresterie, l’agriculture biologique, mais les Etats seront libres de désigner leurs propres instruments en fonction de leurs besoins », précise le conseil des ministres dans un communiqué.

L’objectif étant que les exploitations agricoles reçoivent des fonds supplémentaires si elles vont au-delà des normes de base en matière de climat et d’environnement.

Les craintes de certains pays d’Europe de l’Est

Ce point a fait l’objet de frictions importantes, nombre d’États de l’Est de l’Europe redoutant de perdre des fonds européens si un nombre insuffisant d’agriculteurs participent aux programmes environnementaux.

La réforme de la PAC a respecté les demandes du lobby agricole du COPA-Cogeca. En effet, le 2 octobre, dans une lettre adressée aux eurodéputés, l’organisation présidée par Christiane Lambert, avait demandé que les futurs « écorégimes », ne représentent pas plus de 20 % des aides directes versées au titre de la PAC, alors que plusieurs groupes au Parlement – de la gauche jusqu’au centre droit – réclamaient que ce taux soit compris entre 30 % et 50 %, rapportait « Le Monde ».

« C’est un jour sombre pour l’environnement »

Les ONG environnementales ont dénoncé une politique agricole nettement insuffisante. « C’est un jour sombre pour l’environnement (…) La transition vers une agriculture écologique est désormais en jachère », a réagi Bérénice Dupeux, de l’European Environmental Bureau, dénonçant l’adoption d’« objectifs économiques contradictoires » et le seuil trop bas réservé aux écorégimes.

« Avec cette PAC désastreuse, nous nous retrouvons avec un texte du monde d’avant », s’indignait récemment l’eurodéputé Vert Benoît Biteau, taxant le contenu des écorégimes de « grand flou ».





nouvelobs

A lire aussi

Laisser un commentaire