Test Blu-ray : Death warmed up


Death warmed up

Australie, Nouvelle Zélande : 1984
Titre original : –
Réalisation : David Blyth
Scénario : Michael Heath
Acteurs : Michael Hurst, Margaret Umbers, William Upjohn
Éditeur : Extralucid Films
Durée : 1h19
Genre : Horreur
Date de sortie DVD/BR : 5 août 2020

Michael Tucker a été programmé par le chirurgien en génétique Archer Howell pour assassiner ses parents. Suite au massacre, il est incarcéré dans un asile psychiatrique. Des années plus tard, Michael et ses amis voyagent sur une île isolée sur laquelle Howell mène des expérimentations sur des humains pour les transformer en des machines à tuer. Michael veut se venger d’Howell pour le meurtre de ses parents, mais aussi l’arrêter pour le bien de l’humanité…

Le film

[4/5]

S’il y a bien une chose qui doit prodigieusement agacer David Blyth, le réalisateur du film d’horreur-culte Death warmed up (1984), c’est que TOUS les articles consacrés à son film évoquent, à un moment ou à un autre, Peter Jackson, Bad taste (1989) ou Braindead (1992). Cet article ne fera pas exception à la règle… Pour quelle raison, me demanderez-vous ? Hé bien tout bêtement parce que David Blyth est néo-zélandais, et que le papa du Seigneur des Anneaux a complètement « vampirisé » le cinéma – surtout de genre – venu de ce pays planqué au milieu du Pacifique !

Le plus paradoxal dans l’histoire, c’est que, en France comme ailleurs, on a finalement découvert Death warmed up bien avant que le premier film de Peter Jackson ne commence à faire parler de lui : le long-métrage de David Blyth était sorti courant 1985 au format VHS, dans la fameuse collection René Château, sans cependant afficher sur sa glorieuse jaquette la fameuse accroche « Ces films que vous ne verrez jamais à la télévision ». Avant ça, une poignée d’aficionados du genre avaient pu le voir lors de la 14ème édition du Festival international du film fantastique et de science-fiction de Paris, au Grand Rex, où le jury présidé par Alejandro Jodorowsky lui avait décerné la prestigieuse « Licorne d’or ».

36 ans plus tard, Death warmed up débarque en France au format Blu-ray, grâce à l’acharnement d’un remarquable éditeur indépendant, Extralucid Films. Cela sera là l’occasion de redécouvrir ce film d’horreur typiquement 80’s, formellement et narrativement très influencé par Cauchemars à Daytona Beach (Romano Scavolini, 1981), mais bouffant tout de même un peu à tous les râteliers du genre, piochant également dans la science-fiction, le survival 70’s (Massacre à la tronçonneuse et La colline a des yeux en tête) le gore craspec et médicalisé à la Re-Animator et même le post-nuke à l’occasion d’une séquence complètement barrée voyant un groupe de personnages poursuivis par des motards dans des tunnels.

Incontestablement, le point fort de Death warmed up réside dans cette générosité sincère à vouloir livrer au spectateur un ride terriblement fun et rythmé, faisant fi des incohérences de son récit pour aller toujours de l’avant avec une énergie punk et destroy emportant finalement tout sur son passage. La réalisation de David Blyth, bien aidé par James Bartle à la photo et par la fluidité des mouvements de steadicam de Craig Howard, s’avère d’une intensité rare, préfigurant par son côté hystérique un film tel que Street trash (Jim Muro, 1987). Les auteurs du film font preuve d’une ingéniosité technique tout à fait enthousiasmante, surtout quand l’intrigue vire au carnage, avec plusieurs morts horribles et parfois bien gorasses. Offrant une belle variété de scènes et de lieux, Death warmed up ne procure jamais non plus de sentiment de répétition, et malgré son petit budget, certains plans ont quand même sacrément de la gueule. Une excellente (re)découverte donc !

Le Blu-ray

[4/5]

C’est donc Extralucid Films qui nous propose aujourd’hui de voir et revoir Death warmed up en Blu-ray. Le film de David Blyth inaugurait d’ailleurs la collection « Extra Culte » chez l’éditeur. La collection « Extra Culte » qui, on le rappelle, est à ce jour composée de quatre titres : le délire australien Death warmed up (Extra Culte #1), le space opera de Luigi Cozzi Starcrash – Le choc des étoiles (Extra Culte #2), le slasher The house on sorority row (Extra Culte #3) et le film le plus étrange d’Oliver Stone, Seizure – La reine du Mal (Extra Culte #4). Comme les autres films de la série, Death warmed up est donc disponible dans un Combo Blu-ray + DVD présenté dans un très beau digipack 4 volets surmonté d’un étui rigide, au design réalisé par l’excellent John Capone. Mais en plus du DVD de Death warmed up, l’éditeur nous a fait la surprise de nous réserver un DVD supplémentaire, avec le film Wound, réalisé par David Blyth en 2010, et présenté comme une « pépite de la Ozploitation » (comme Death warmed up, il s’agit d’une co-production Australie / Nouvelle Zélande). Il s’agit en réalité d’un film d’horreur commençant de façon extrêmement gore et brutale pour ensuite bifurquer de façon inattendue vers une horreur atmosphérique à la David Lynch, très fortement teintée d’érotisme et de déviances sexuelles. Un film vraiment singulier (1h16, VOST).

Côté Blu-ray, l’image de Death warmed up nous propose évidemment un gain très net de précision par rapport à l’antique VHS jusqu’ici disponible chez nous. Si cela manque certes légèrement de piqué selon les scènes, on pense que c’est imputable aux conditions de tournage en elles-mêmes. Le tout est proposé dans un master stable et bien restauré, avec de belles couleurs et surtout un grain argentique parfaitement préservé. Côté son, VF et VO sont toutes deux proposées en mono d’origine et mixées en DTS-HD Master Audio 2.0. Les deux versions restituent les dialogues avec la plus parfaite clarté, et les scènes d’action affichent un certain punch.

Pour ceux qui se demanderaient pourquoi le film ne dure qu’1h19 malgré un encodage 1080p, le master de Death warmed up a une petite histoire. Les éléments d’origine du film ont en effet été accidentellement détruits il y a fort longtemps – le montage reconstitué ici est tiré d’archives 35 mm, avec quelques ajouts tirés d’une copie de travail de qualité très inférieure. Si ce nouveau montage a été supervisé et approuvé par le réalisateur David Blyth, il ne constitue donc pas la version « uncut » pur jus qu’avaient pu découvrir les français au Grand Rex en 1984, qui durait quant à elle 1h22.

Du côté des suppléments, on commencera déjà avec un excellent livret de 20 pages signé Julien Sévéon consacré au cinéma d’horreur en Nouvelle-Zélande, complet et facile à lire. L’éditeur nous proposera également une présentation du film par Julien Sévéon (18 minutes), qui reviendra sur le contexte de tournage et le film en lui-même. Le reste des bonus sera placé sous le signe du réalisateur David Blyth, puisque outre son film Wound évoqué un peu plus haut, on aura également droit à une introduction de David Blyth à destination du public français (4 minutes) ainsi qu’à French connection (21 minutes), un documentaire dédié à son grand-père, Lawrence Blyth, membre de la Division néo-zélandaise ayant libéré le village du Quesnoy dans le Nord de la France pendant la première Guerre mondiale.



Critique film

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