Dans la tourmente après ses propos sur la communauté tchétchène, Mélenchon admet « une erreur »


Un mea culpa indirect. Jean-Luc Mélenchon a reconnu avoir fait « une erreur » en utilisant le terme de « communauté » tchétchène avec laquelle la France aurait « un problème » selon lui, a expliqué ce mardi le numéro deux de LFI Adrien Quatennens.

« Moi, je pense qu’il y a un problème avec la communauté tchétchène en France », avait déclaré le chef de file du mouvement dimanche 18 octobre sur LCI, en appelant à « expulser » les Tchétchènes qui agissent sur le terrain de « l’islamisme politique », deux jours après la décapitation d’un enseignant dans les Yvelines par un jeune Russe tchétchène.

Jean-Luc Mélenchon reconnaît une « erreur »

Interrogé sur France 2 sur ce terme de « communauté » qui a créé un malaise jusque dans les rangs de LFI, Adrien Quatennens a souligné ce mardi 20 octobre que Jean-Luc Mélenchon « a eu l’occasion juste en sortant de cette émission de dire qu’il avait commis une erreur en utilisant le terme communauté, qui donne l’impression de s’attaquer à tel ou tel ».

« Il a voulu dire concrètement qu’entre les attaques à main armée il y a quelques semaines à Dijon et l’attentat de Conflans, visiblement il y a là aussi pour nos services de renseignement un vrai sujet qu’il faut creuser », a ajouté Adrien Quatennens.

Mort d’un professeur courageux

Les propos du leader de LFI ne sont pas passés auprès de certaines figures de sa formation politique. Le député Eric Coquerel a jugé le terme impropre tout en serrant les rangs derrière Jean-Luc Mélenchon. Auprès du « Parisien », il indique : « le mot communauté est sorti un peu vite, je crois que Jean-Luc le pense aussi… ».

La députée Clémentaine Autain s’est plus explicitement désolidarisée de l’emploi du terme « communauté ». « Moi, je ne parle pas de communauté tchétchène, car ce n’est pas un bloc. Quand on les a fait venir, c’est parce qu’ils fuyaient la guerre », a-t-elle réagi toujours auprès du « Parisien ». « Ce terme de communauté ne correspond d’ailleurs pas au vocabulaire habituel de Jean-Luc », a-t-elle poursuivi.

« Le problème, c’est l’islamisme politique, pas les Tchétchènes »

Les propos tenus par Jean-Luc Mélenchon ont également suscité des remous dans le reste de la classe politique. Olivier Faure, chef de file du Parti Socialiste s’est insurgé auprès de nos confrères du « Parisien » : « Le problème c’est l’islamisme politique, pas les Tchétchènes. »

Pakistanais, Tchétchènes… Les nouveaux profils du terrorisme, par Olivier Roy

Toujours auprès du « Parisien », Guillaume Lacroix, président du parti radical de gauche, a déploré les mots du leader des Insoumis : « S’en prendre aux Tchétchènes en général, c’est de la part de Mélenchon un faux-fuyant, une manière pour lui de faire oublier qu’il a été le principal relayeur en France de l’islamophobie ».

Sur LCI, la journaliste et militante Rokhaya Diallo a également critiqué lundi 19 octobre les propos de Jean-Luc Mélenchon.

« Ce que dit Jean-Luc Mélenchon sur les Tchétchènes est scandaleux : considérer qu’il faille porter une attention particulière à une communauté, c’est juste une discrimination d’Etat »

 





nouvelobs

A lire aussi

Laisser un commentaire