[L’Europe en région] En Île-de-France, les financements européens permettent de rénover le bassin de la Seine



Actualité


14.10.2020

Agnès Faure

Étendu sur six régions dont l’Île-de-France, le bassin de la Seine a pour objectif la restauration écologique et la résilience face au changement climatique et aux inondations. Des projets auxquels l’Union européenne apporte son concours financier.

En Île-de-France, les fonds européens permettent de rénover le Bassin de la Seine – Crédits : Pawel Gaul / iStock

Sillonnant un territoire étalé sur six régions et comptant 18 millions d’habitants, le bassin de la Seine n’échappe pas aux défis du changement climatique. Pour prévenir les catastrophes naturelles et soutenir une gestion durable du fleuve et de ses affluents, l’Union européenne intervient depuis 2015 aux côtés des régions dans la préservation et la restauration écologique de son bassin ainsi que dans son adaptation aux risques climatiques.

L’Union intervient par le biais de sa politique de cohésion et notamment grâce au FEDER (Fonds européen de développement régional), destiné à corriger les déséquilibres entre les régions européennes en soutenant par exemple des projets encourageant l’adaptation au changement climatique. La Région Île-de-France et la Direction régionale et interdépartementale de l’environnement et de l’énergie ont ainsi mobilisé 5,3 millions d’euros en soutien à 18 projets entre 2015 et 2020 au titre des inondations et à 9 projets pour près de 3,3 millions d’euros au titre de la continuité écologique et de l’adaptation au changement climatique.

L’intervention des fonds européens encourage une gestion durable du bassin de la Seine. Selon le programme opérationnel régional, les conditions pour y parvenir reposent entre autres sur « une anticipation des conséquences négatives des différents phénomènes météorologiques susceptibles de menacer la compétitivité du territoire (inondations, sécheresses  exceptionnelles ou répétées…)« . Des phénomènes aggravés par le changement climatique. En clair, les opérations menées ont pour objectif de prévenir les inondations en soutenant des opérations visant à réduire la vulnérabilité des territoires face aux inondations, des travaux de réhabilitation de digues, comme à Troyes ou la création d’ouvrages d’écrêtement des crues comme à Montigny-sous-Marle mais aussi de préserver la biodiversité en rétablissant la circulation des poissons migrateurs le long des cours d’eau comme à Meaux.

L’Europe en région : l’Ile-de-France

A Troyes, un enjeu de sécurité face aux catastrophes naturelles

En 2011, un diagnostic a été établi, révélant un état de vétusté avancé des infrastructures, à tel point que la sécurité des habitants en serait menacée. Le territoire de l’agglomération a même été classé « Territoire à Risque Important d’Inondations » fin 2012, avec des conséquences négatives directes et indirectes d’une inondation potentiellement à large échelle. De quoi conduire à l’élaboration d’un programme de travaux de réhabilitation des infrastructures.

De 2013 à 2019, un premier chantier a permis de rénover et renforcer plusieurs digues sur 5 kilomètres, et de réaliser des travaux de compensation hydraulique. A la fin de l’année 2019, un deuxième chantier a été ouvert avec la réhabilitation de la digue de Fouchy sur 2,4 kilomètres au cœur de la ville. Retardés avec la mise en place du confinement national en mars 2020, les travaux ont repris en juillet et doivent se poursuivre jusqu’au 31 décembre 2020.

Les travaux en cours sur la digue de Fouchy doivent se terminer au 31 décembre 2020 – Crédits : Troyes Champagnes Métropole

Pour mener les études de réalisation de ces aménagements, la métropole de Troyes a reçu une aide européenne à travers le FEDER d’un montant de près de 200 000 euros sur un montant de 600 000 euros.

A Meaux, préserver la biodiversité en assurant la migration des poissons

Dans plusieurs départements d’Île-de-France, Voies Navigables de France (VNF) prévoit, avec l’aide de la Région Île-de-France, de l’Agence de l’Eau Seine Normandie et des financements européens, de réaliser ou d’aménager des passes à poissons. Ces dispositifs permettent aux poissons, en particulier les migrateurs, de franchir un cours d’eau réaménagé par l’Homme (avec l’établissement de barrages notamment). Une opération qui contribue à l’objectif d’éviter que ces espèces ne s’éteignent et donc de préserver la biodiversité et la continuité écologique sur le territoire.

De tels dispositifs sont à l’étude dans différentes communes d’Île de France comme Evry, Créteil ou encore Champfleury, pour des mises en service prévues entre 2023 et 2025. Parmi les projets les plus avancés : celui de la passe à poissons sur le canal du Cornillon à Meaux, en Seine et Marne, réalisé simultanément à la rénovation du barrage existant.   

A Meaux, le canal du Cornillon est en cours d’aménagement pour accueillir une passe à poissons d’ici la fin de l’année 2021 – Crédits : VNF

Les travaux, engagés au début du mois d’août 2020 par VNF comprennent également une nouvelle centrale hydroélectrique, permettant la redirection des poissons vers la passe aménagée. Le canal, actuellement désaffecté, permettra une fois réaménagé de favoriser la circulation des poissons migrateurs remontant la Marne et de décloisonner les espaces pour les espèces autochtones. Début 2024, les berges de la rive gauche du canal seront aménagées de manière à accueillir les promeneurs.

D’un coût total de plus de 7,2 millions euros, le projet doit bénéficier d’un financement du FEDER à hauteur de 40%, soit environ 2,9 millions d’euros.

Préserver un cours d’eau et la biodiversité aux portes de Paris, à l’aide des fonds européens

En Seine-et-Marne, des cantines en circuit court soutenues par l’Union européenne



touteleurope

A lire aussi

Laisser un commentaire