Gérald Darmanin, le Ch’ti conquérant



Le coup de griffe est parti, vif et acéré. « Je préfère le bon sens du boucher-charcutier au snobisme des intellectuels parisiens. Vous intellectualisez tout ! “Ensauvagement”, c’est dans le Littré », envoie l’animal jusque-là très maîtrisé. « L’Obs », forcément… Gérald Darmanin se défausse en jouant le refrain de l’élite contre les « vraies gens ». Issu d’un milieu modeste, il creuse sans relâche le sillon de la vie « réelle » tout en étant passé professionnel de la politique depuis vingt ans. Il en a fait sa marque de fabrique, estampillée droite populaire, comme on le verra plus tard. Mais d’abord, prenons-le au mot. Le terme d’« ensauvagement » ne date pas d’hier. Dans son introduction, le « Littré », célèbre dictionnaire littéraire, avertit que la « langue française a beaucoup évolué » d’un siècle à l’autre et que, par conséquent, ses définitions portent « l’empreinte d’une époque ». Le plus jeune ministre de l’Intérieur de la Ve République, 38 ans, n’ignore rien de l’OPA faite par Marine Le Pen sur ce mot.

C’est un jeune essayiste identitaire masqué derrière un pseudonyme, Laurent Obertone, qui l’a remis au goût du jour. La présidente du RN n’a eu qu’à le piocher dans le livre de ce dernier, intitulé « la France Orange mécanique ». Insécurité, terreur, sauvages basanés… C’est « Guernica » en Gaule à toutes les pages. Un gros succès dans la fachosphère. L’auteur a lui-même emprunté le mot à Xavier Raufer, criminologue passé dans sa jeunesse par le mouvement d’extrême dr

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