Après l’attentat de Conflans, Faure veut traduire en justice ceux qui contestent les enseignants



Ils avaient besoin d’en parler, de poser quelques mots sur l’horreur, même si ce sont un peu toujours les mêmes. Alors que le Parti radical de gauche tenait ce samedi sa convention nationale à La-Plaine-Saint-Denis, son président Guillaume Lacroix avait invité Olivier Faure, le patron du PS, Julien Bayou, celui d’EELV, et Emmanuel Maurel, le leader de la Gauche républicaine et socialiste, à s’exprimer sur la décapitation d’un enseignant d’histoire-géo qui avait montré des caricatures du prophète à ses élèves et qui fut ensuite la cible d’une campagne de dénigrement initiée par un parent d’élève.

Quelques heures après l’assassinat, les quatre leaders de gauche voulaient rappeler qu’ils étaient et restent les premiers défenseurs de la République, de la laicité et de la liberté d’expression. « Il va falloir de la fermeté face à une idéologie, l’islamisme, qui est un fascisme. Les lois existent, il faut les appliquer », entame Emmanuel Maurel, eurodéputé proche de LFI. Beaucoup émettent des nuances par rapport au fait d’être toujours Charlie, il va falloir réaffirmer à quel point nous voulons assumer ces incroyables singularités françaises que sont la laïcité et l’impertinence à l’égard des religions. »

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Le dirigeant écolo Julien Bayou a lui mis en garde devant tout amalgame. « Nous avons des principes, la République, la laïcité et un outil, l’éducation. Contre ceux qui veulent nous diviser, nous devons répondre par plus d’égalité. Ne tombons pas dans les pièges, les musulmans de France sont nos frères et soeurs en République. »

Après ce nouvel attentat, à la symbolique si singulière, ces quatres chefs de parti de gauche ont tenu à faire bloc derrière le corps enseignant, ces fonctionnaires en première ligne de la République, qui votent plutôt à gauche. Ils avaient aussi pour idée d’aller un peu plus loin que les déclarations de principe. « Hier soir dans nos rues, on a décapité un homme pour avoir éveillé les conscience des élèves. Il y a un seul devoir aujourd’hui : être du côté du parler clair, du coté de la République », a dicté Guillaume Lacroix, le président du PRG. Auparavant, Emmanuel Maurel avait pointé « beaucoup de renoncements, de petites lâchetés, d’autocensures, de concessions qui paraissaient anodines. »

Estimant qu’il s’agit d’un « tournant », Olivier Faure s’est dit « déterminé à ne plus laisser faire ». « Il faut être clair : par exemple, tous ceux qui s’autorisent à contester un enseignement ou enseignement doivent être traduits devant les tribunaux à chaque fois », a-t-il proposé, sans en dire davantage. Et, sans nommer personne, le premier secrétaire du PS s’en est pris ceux tous qui sont complaisants avec l’islamisme. « Nous, la gauche, avons parfois considéré que la tolérance à l’égard des plus faibles devait nous conduire aussi à une forme de tolérance vis à vis de ce qui était intolérable. Ne soyons pas plus frileux que recteur de la mosquée de Paris qui dit les choses de manière limpide ». Dans une tribune au figaro remarquée début septembre, Chems-Eddine Hafiz avait rappelé que « dans notre pays, seule la loi fixe les limites » et appelé « Charlie Hebdo » à continuer « d’user de son art  ».

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nouvelobs

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