la menace d’un « no-deal » plane sur les pêcheurs français



Il est deux heures du matin, le Laurent-Geoffrey quitte le port de Boulogne-sur-Mer. Direction les eaux britanniques que le patron et ses matelots mettront deux heures à atteindre. Ces hommes pratiquent une pêche artisanale, casiers et filets sont remontés à la force des bras, dans des conditions souvent difficiles. Mais la perspective de ne plus avoir accès aux ressources côté anglais en cas de « no-deal » les inquiète, eux qui passent 70% de leur temps de pêche dans les eaux territoriales britanniques.

Interdire cette zone aux pêcheurs pourrait entrainer la disparition de nombreux équipages car 30 % de la pêche française provient des eaux anglaises. Enfin la ressource, de plus en plus faible côté français, serait insuffisante pour faire travailler tout le monde, d’autant que des bateaux belges ou néerlandais, européens donc, se rabattraient eux aussi sur les eaux françaises, accentuant la pression sur la ressource.

Chez les pêcheurs du littoral de la Manche, l’heure n’est pas encore à la résignation tant que le couperet n’est pas tombé. Mais la date fatidique du 31 décembre approche et les négociations entre Bruxelles et Londres pour arriver à un accord de libre-échange avant la fin de l’année sont dans l’impasse après un sommet européen jeudi 15 octobre où les 27 ont exigé des concessions de Londres.

Mais le Royaume-Uni, par la voix de son Premier ministre Boris Johnson, leur a opposé ce vendredi une fin de non-recevoir, menaçant de quitter le navire avec un « no-deal » qui marquerait l’introduction de quotas et droits de douanes et bloqueraient de facto l’accès des eaux britanniques aux pêcheurs européens.





francetvinfo

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