Le groupe parlementaire d’Orphelin, Forteza et Taché perd une députée et disparaît


Déjà le clap de fin pour « Ecologie démocratie solidarité ». La députée du Nord Jennifer De Temmerman a annoncé ce vendredi son départ du groupe composé d’ex-LREM de l’aile gauche, condamnant à la disparition cette jeune formation qui accuse la majorité de « manœuvres » à son encontre.

« Aujourd’hui, je décide de rejoindre le groupe parlementaire Libertés et Territoires », a écrit la députée dans un communiqué.

Ce départ fait passer le groupe EDS, formé en mai dernier et coprésidé par Matthieu Orphelin et Paula Forteza, sous le seuil des 15 membres nécessaires pour constituer un groupe au Palais-Bourbon.Aurélien Taché : « Le discours de Jean Castex s’inscrit dans la ligne de la droite sarkozyste »

« Nous ne sommes pas dupes des manœuvres délibérément organisées pour nous faire disparaître » mais « rien ne pourra faire taire l’écologie et la solidarité à l’Assemblée nationale », ont aussitôt affirmé les 14 membres restants dans un communiqué distinct où ils reconnaissent leur échec.

« Ambitions personnelles »

Après avoir atteint le nombre record sous la Ve République de 10 groupes politiques, l’Assemblée redescend désormais à 9 groupes.

Jennifer Temmerman explique que « la pandémie de la Covid-19 perdure et met en exergue d’importants enjeux économiques, sociaux et écologiques à travers le pays » : « En tant qu’élue des Hauts-de-France, il relève de ma responsabilité politique, dans l’intérêt de mes concitoyens, de me rapprocher d’un groupe qui axe ses priorités sur les territoires », fait-elle valoir.

De plus, le groupe EDS « ne prend pas la direction souhaitée » selon cette centriste. « Certaines ambitions personnelles prennent le pas sur l’initiative collective et laissent de moins en moins de place aux avis nuancés », affirme la députée.

Elle avait précédemment, en novembre 2019, quitté le groupe La République en Marche, disant avoir perdu « espoir » après le vote de mesures sur l’immigration.

Villani, Taché, Batho…

Le groupe EDS s’était formé au printemps dernier avec la volonté d’aider à construire « le monde d’après ». S’affirmant « indépendant », il était fort alors de 17 membres dont Cédric Villani, Aurélien Taché, et également l’ancienne ministre PS de l’Ecologie Delphine Batho.

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« Le groupe Ecologie Démocratie Solidarité a prouvé son utilité à l’Assemblée nationale. Libre et indépendant, il bouscule les conservatismes, dérange le système en place, réveille et recompose la vie parlementaire », mettent en avant ses membres, qui évoquent leurs « combats » pour « la prise en compte des propositions de la convention citoyenne pour le climat », pour « des contreparties sociales et écologiques » aux aides aux entreprises dans le projet de budget, ou « contre la réautorisation des néonicotinoïdes ».

EDS était parvenu il y a une semaine à faire voter lors de sa « niche » parlementaire une proposition de loi allongeant le délai légal d’accès à l’IVG. Un texte en faveur du bien-être animal, soutenu en partie par la majorité, n’avait pas pu passer le cap, faute de temps.





nouvelobs

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